Société

Les jeunes du quartier de Borny relèvent le Challenge Citoyen

Par Marie Roussel, France Bleu Lorraine Nord vendredi 16 décembre 2016 à 16:07

Ils sont une dizaine de jeunes à Borny, accompagnés d'éducateurs, investis dans le Challenge citoyen.
Ils sont une dizaine de jeunes à Borny, accompagnés d'éducateurs, investis dans le Challenge citoyen. © Radio France - Marie Roussel

A Metz, une dizaine de jeunes du quartier de Borny participent au Challenge Citoyen. Ce défi a été lancé par le centre socioculturel du Neuhof à Strasbourg. Il invite tous les quartiers populaires de France à inscrire le maximum de personnes sur les listes électorales.

Inscrire le maximum de personnes sur les listes électorales, tel est le défi lancé par le centre socioculturel du Neuhof à tous les quartiers populaires de France. Pari accepté par les jeunes Messins de Borny.

Depuis cet été, une dizaine d'adolescents entre 13 et 17 ans se mobilise. Ils sont accompagnés par les éducateurs de l'association Apsis-Emergence, pour inciter les gens du quartier à aller en mairie et s'enregistrer sur les listes électorales. Première étape : créer le buzz. Les adolescents ont donc créé une vidéo, postée ensuite sur Youtube pour expliquer leur projet :

Deuxième étape : démarcher les gens du quartier. Pour convaincre les proches de s'inscrire, ça n'a pas été trop difficile ; Shaker a motivé à peu près tous les membres de sa famille. Pour inciter les autres, ceux qui n'ont plus confiance en la politique, ça s'est révélé plus complexe. Les jeunes se sont heurtés de nombreuses personnes désillusionnées.

Shaker, treize ans, a motivé tous les membres de sa famille à s'inscrire sur les listes électorales - Radio France
Shaker, treize ans, a motivé tous les membres de sa famille à s'inscrire sur les listes électorales © Radio France - Marie Roussel

Beaucoup nous disent que les paroles du politique, c'est que du blabla. On les comprends, c'est vrai qu'ils ont la tchatche mais en fait ils font deux quarts des choses - Marwa, 16 ans.

Sur les marchés de Borny, sur les terrains de foot, les jeunes tractent pour informer et sensibiliser ceux qui peuvent voter à aller s'inscrire. Il n'est pas certain que l'augmentation des noms enregistrés sur les listes soit très significative. Mais au moins il y a un dialogue sur la politique qui s'est instauré entre jeunes. C'est ce qu'assure Quentin Valsesia, éducateur spécialisé de l'Apsis-Emergence :

Les responsables des clubs de foot ont pris le temps de nous écouter. Par exemple nous sommes allés les voir un soir d'entraînement, nous avons pu aller dans les vestiaires et discuter avec un groupe. Il y a eu des échanges très intéressants qui se sont créés, il y en a même un jeune qui connaissait beaucoup de gens non inscrits sur les listes. Il a pris nos tracts et de lui même il est allé sensibiliser son entourage.

Le discours de Marwa pour convaincre, lui, est désormais bien rôdé. Elle voit bien que les jeunes de son quartier n'ont plus confiance en la politique. L'adolescente comprend leur ressenti ; ils se sentent délaissés. Mais pour autant, selon elle, il faut que les jeunes changent leur vision des choses. Il est important que les jeunes esquissent un premier pas vers les hommes politiques. Une fois la balle dans leur camps, Marwa ose espérer un geste en retour :

Marwa encourage les jeunes de son quartier à aller voter.

Les politiques vont cogiter. Ils vont se dire "pourquoi ils font un pas vers nous et nous on fait jamais rien pour eux ?" Ils seront obligés de faire quelque chose pour nous, ils ne pourront pas rester comme ça à ne rien faire.

Malgré son aisance à l'oral et sa force de persuasion, Marwa n'envisage pas pour autant une carrière politique. Mais son investissement dans le Challenge citoyen lui aura permis de s'y intéresser :

Je commence à peine à rentrer dans le délire ! Je regarde les infos, ce que disent un peu les politiques. Je m'y intéresse de plus en plus.

Et même si la date de clôture des inscriptions sur les listes électorales approchent, l'expérience de ces jeunes avec la politique, elle, ne fait que commencer.