Société

Les jeunes Sarthois moins attentifs au virus du SIDA

Par Marion Chantreau, France Bleu Maine jeudi 31 mars 2016 à 20:24

C'est le 23ème Sidaction ce week-end
C'est le 23ème Sidaction ce week-end © Radio France

À l'occasion du week-end du Sidaction, l'association publie un sondage réalisé auprès des 15-25 ans par l'IFOP. Il révèle une détérioration de l'information sur le VIH et les risques induits par le virus.

Par manque d’information, les jeunes sous-estiment les menaces du SIDA et ne se sentent pas concernés par les risques liés à la maladie. Voilà ce que révèle le sondage réalisé pour le Sidaction.

Il pointe un manque de connaissance du VIH, un sentiment d'invincibilité face aux risques, aux modes de transmission. L'attention des jeunes sur une maladie moins fortement présente dans les médias, se relâche et l'association appelle à un regain de prévention pour éviter de nouvelles contaminations. Puisque la maladie progresse en France, notamment chez les 15/24 ans, une hausse de 24% a été enregistrée en six ans. Chez nous dans la Sarthe, ce sont les plus de 30 ans les plus infectés par le virus.

Marion Chantreau, y a-t-il une baisse d'attention chez les jeunes dans la Sarthe

Le docteur Hikombo Hitoto est infectiologue au centre gratuit d'information de diagnostic et de dépistage à l'Hôpital du Mans. Il confirme que certains jeunes banalisent le virus avec la découverte des traitements récents qui permettent de vivre plutôt normalement avec la maladie, même si on ne guérit pas. Il insiste sur l'importance de la prévention, et pas uniquement en milieu scolaire.

Le docteur Hikombo Hitoto, infectiologue à l'hôpital du Mans

Le sondage constate également un développement des pratiques à risque, le dépistage n’apparaît pas comme une évidence.

►►► Le sondage IFOP réalisé pour le Sidaction à retrouver ici

Les principaux chiffres 

82 % de la population ciblée se dit bien informée contre 89 % en 2015.

16 % de jeunes considèrent être très bien informés sur le sida, un pourcentage qui a chuté de 10 points depuis 2012.

24 % déclarent ne pas avoir peur du sida contre 17 % en 2015. Près de 30% concernent les 15-17 ans (+9 points par rapport à 2015).

30 % des jeunes interrogés ont des représentations faussées de la maladie et de ses modes de transmission.

Dont 17 % déclarent que la prise d’une pilule contraceptive d’urgence est un des moyens d’empêcher la transmission du VIH.

20 % affirment que le virus du sida peut se transmettre en embrassant une personne (15 % en 2015).

22% estiment qu’il existe un traitement pour guérir du sida alimentant la représentation selon laquelle le sida n’est pas une fatalité.

9 % des jeunes déclarent s’être exposés fréquemment à un risque de contamination, au cours des douze derniers mois.

45 % des jeunes ayant eu un rapport sexuel non protégé ont effectué un test de dépistage du VIH/sida (contre 55% en 2015 soit -10 points).

13 % n’ont jamais bénéficié d’un enseignement au cours de sa scolarité.