Société

Les lits de rééducation remplacés par des places pour les personnes handicapées vieillissantes à Cerbère

Par Armêl Balogog, France Bleu Roussillon mercredi 20 janvier 2016 à 18:37

Centre Bouffard-Vercelli de Cerbère
Centre Bouffard-Vercelli de Cerbère - Capture d'écran : Google Maps

Au printemps prochain, trente chambres pour personnes handicapées vieillissantes vont ouvrir au centre Bouffard-Vercelli de Cerbère. Ils compensent la délocalisation à Perpignan de soixante lits de rééducation. Une décision difficile à encaisser pour les patients des Pyrénées-Orientales.

Bonne nouvelle pour les personnes handicapées vieillissantes. Coup dur pour les patients du centre Bouffard-Vercelli de Cerbère. Suite à la décision de l'Agence régionale de santé (ARS), en 2014, les soixante lits de rééducation sont déjà partis du centre. Direction Perpignan en théorie. Mais pour l'instant, l'établissement qui doit les accueillir n'est pas encore créé, alors les lits attendent dans un coin. Tout comme les patients et anciens patients qui se retrouvent sur le carreau.

Les lits de rééducation en attente

"J'ai besoin d'un mois sur huit en rééducation, à Cerbère en l'occurrence parce qu'il n'y a pas d'autre centre qui connaisse ma maladie dans toute la région sud, explique David Marais, atteint d'un syndrome d'ehlers-danlos, une maladie génétique rare. J'étais programmé pour septembre, visiblement il y a eu un problème de place, ça n'a pas pu être possible : ils ont reporté le séjour à janvier. Et là, en janvier, le service est fermé donc j'ai été refusé, je n'ai plus de solution de soin."

"Si je n'ai plus de rééducation, ajoute-t-il, tout ce que je ferais me mettra beaucoup plus dans la douleur, je vais être en situation de perte d'autonomie."

Le désarroi de David Marais, atteint d'une maladie génétique rare

David Marais finit par douter de la création du nouveau centre à Perpignan, pourtant le projet est toujours à l'ordre du jour selon Jean-Paul Dupont, le directeur général de l'USSAP, l'association qui gère notamment le centre Bouffard-Vercelli. D'ailleurs, l'installation de trente lits pour accueillir les personnes handicapées vieillissantes permet de compenser cette perte d'activité pour l'établissement de Cerbère

Un centre trop "isolé"

Autre interrogation de David Marais, aussi président de l'association contre la délocalisation du centre de rééducation : lorsque la délocalisation a été décidée, l'ARS a estimé que ce centre était trop "isolé", sur le bord de la mer méditerranée et juste au-dessus de la frontière espagnole. Y "faire résider des personnes handicapés vieillissantes, c'est les isoler encore plus", tranche le militant.

David Marais ne comprend pas pourquoi le lieu n'est plus jugé trop "isolé"

Ce ne sera pas un problème pour Jean-Paul Dupont : "Certes le bâtiment est là où il est, mais il n'empêche que c'est à nous de travailler à l'intégration de ces personnes dans les communes avoisinantes", à travers des promenades ou des activités, prévues dans le projet de centre d'accueil pour personnes handicapées vieillissantes.

La réponse de Jean-Paul Dupont, directeur de l'association qui gère le centre

Le projet a d'ailleurs été validé par l'ARS dans un arrêté daté du 16 décembre 2015. Fin décembre, elle a fait une visite des locaux et les a jugés non conformes au projet. Des travaux sont donc engagés pour transformer les chambres doubles en chambres simples, le service de soin sanitaire en un lieu de vie. La prochaine visite de conformité est prévue en mars. Si le site est jugé conforme, les premiers résidents arriveront au printemps.

Partager sur :