Société

"Les locomotives de l'angoisse sont toujours là" : le calvaire des résidents du Fort Hatry de Belfort continue

Par Yassine Khelfa M'Sabah, France Bleu Belfort-Montbéliard dimanche 3 janvier 2016 à 6:00

Les locomotives s'arrêtent 7 fois par jour devant l'immeuble à Belfort
Les locomotives s'arrêtent 7 fois par jour devant l'immeuble à Belfort © Radio France - Yassine Khelfa

Depuis 4 ans, des trains s'arrêtent devant leur immeuble, font des manœuvres et dégazent sous leur fenêtre. En septembre 2014, la SNCF avait annoncé que les trains s'arrêteraient désormais 200 mètres plus loin dans une zone sans habitations. D'après les habitants, c'est une promesse non tenue.

Toujours autant de fumées sous les fenêtres de ces habitants du Fort Hatry de Belfort. Malgré les plaintes des 11 résidents de l'immeuble et les promesses de la SNCF. Pour la Préfecture, il ne s'agissait pas d'un accord formel entre la société de transport et la Préfecture mais d'un engagement de la SNCF pour qui il n'y a aucune interdiction de stationner à cet emplacement. Dans un courrier envoyé à une des habitantes,  une représentante de la Préfecture explique que les trains sont parfois obligés de s'arrêter au pied de l'immeuble en raison de contraintes de fonctionnement liées à la période hivernale ainsi que la réalisation de travaux en gare de Belfort sur la période 2015-2018. Mais ces nuisances pèsent de plus en plus sur le quotidien des résident.

Un quotidien qui devient invivable

Tous les jours c'est le même rituel devant la fenêtre d'Anne Marie Jeanneret, retraitée. Depuis plus de 4 ans, 7 fois par jour, les locomotives dégazent sous ses fenêtres. Elle est propriétaire au premier étage dans cet immeuble depuis 15 ans.

Dans la nuit vers 4h du matin, ensuite à 9h, 11, 12h, 13h, 15h et à 22h le soir  ça recommence le soir et elles dégazent pendant 10, 15 ou 20 minutes.

Pour elle "c'est pire qu'avant, parce que maintenant elles klaxonnent". Un bruit incessant qu'elle estime volontaire. Selon elle, c'est une manière de les taquiner.  Aujourd'hui elle s'inquiète pour sa santé. La vieille dame souffre de problèmes respiratoires, elle est suivie par un pneumologue à cause des fumées.

J'ai un peu retrouvé ma voix car je suis en traitement, j'ai à l'heure actuelle des perfusions tous les mois mais je ne peux plus continuer comme ça car j'ai des problèmes cardiaques et c'est plus possible

Les résidents envisagent de s'unir en créant une association et pourquoi pas porter l'affaire devant la Justice

Marylène Jobert habite l'immeuble depuis 5 ans. Depuis que ce problème persiste elle est un peu devenue la porte-parole des résidents de l'immeuble. Un problème qu'elle pensait oublier il y a un quand la SNCF avait annoncé que les trains s'arrêteraient désormais 200 mètres plus loin, sans une zone sans habitations. Mais un an plus tard, c'est une promesse non tenue pour elle.

C'est tout le contraire de ce qui avait été engagé et je peux affirmer à certaines personnes de la SNCF que c'est tout sauf de la vapeur d'eau donc qu'ils viennent au pied de nos fenêtres, ouvrir grand leurs bouches, leurs oreilles et leurs nez pour venir respirer cette fumée qui est tout sauf de la vapeur d'eau.

Marylène Robert, une habitante - Yassine Khelfa

Les habitants demandent aujourd'hui une légitimité sanitaire afin que ces locomotives qui dégazent du gaz diesel selon eux n'aient plus le droit de stagner sous les fenêtres des habitations.

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