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Société

Les lycéens creusois se mobilisent en marge du mouvement des gilets jaunes

lundi 3 décembre 2018 à 15:46 Par Simon De Faucompret, France Bleu Creuse

Ce lundi 3 décembre, des centaines de lycéens et de BTS creusois ont décidé de manquer les cours pour manifester. La Souterraine, mais aussi Guéret : ce mouvement s'inscrit dans celui des gilets jaunes.

Partout en France, plus d'une centaine de lycées ont été totalement ou partiellement bloqués. En Creuse, les manifestants préfèrent filtrer.
Partout en France, plus d'une centaine de lycées ont été totalement ou partiellement bloqués. En Creuse, les manifestants préfèrent filtrer. © Radio France - Simon de Faucompret

Guéret, France

"Klaxonnez, klaxonnez !" Sur la route de Courtille devant le lycée Favard, près d'une centaine de lycéens et de BTS manifestent, ce lundi 3 décembre, dès 7h30. Ils filtrent le passage des voitures, à qui ils demandent un petit soutien sonore, et ont bloqué le parking de l'établissement avec quelques palettes et des cordons en plastique. 

Conséquence d'un appel au blocage de l'Union nationale lycéenne (UNL) qui touche une grosse centaine de lycées partout en France selon les chiffres du Ministère de l'éducation. Ailleurs en Creuse, environ 150 lycéens de la Souterraine ont manifesté sur le parvis de leur établissement.

Soutien aux gilets jaunes

Il n'y a que peu de gilets jaunes sur les épaules des jeunes manifestants ("forcément, on n'est pas nombreux à avoir une voiture", sourit un lycéen), mais quelques-uns sont accrochés aux portes de véhicules et aux grilles du lycée. C'est justement pour montrer sa "solidarité" au mouvement que Maxence, un élève du lycée Favard, a décidé de lancer un événement Facebook la veille au soir, le dimanche 2 décembre vers 17 heures. 

"Pour un étudiant, payer l'essence, c'est aussi compliqué."

Car, il faut bien le rappeler, la hausse du prix des carburants ne concerne pas que les travailleurs pour Tom, élève de Bac Pro et leader ponctuel : "Il y en a plusieurs qui ont le permis, vu qu’on est dans un lycée qui a des BTS et des gens majeurs", rappelle-t-il. "Pour un étudiant, payer l’essence au prix qu’elle est aujourd’hui, c’est aussi vraiment compliqué."

Attention aux débordements

Tout le monde insiste sur ce point : l'ambiance doit être bon enfant. "L'objectif, c'est simplement de faire parler un peu de nous", expose Tom. "Qu’on ne voie pas que les travailleurs, mais aussi ceux qui étudient. Parce que dans 3 ou 4 ans, on aura aussi un loyer à payer et une famille." C'est pourquoi aucun véhicule n'est bloqué, et les gestes un peu trop audacieux sont immédiatement réprimandés ("ne tapez pas sur les voitures !").

Même ordre d'idée quand le cortège de lycéens se rend au lycée Bourdan, dans le centre-ville de Guéret. La place Bonnyaud et le rond-point "cacahuète" sont évoqués, mais les organisateurs craignent des "débordements". La police, d'ailleurs, les accompagne pendant tous leurs déplacements, entre les lycées Favard et Bourdan.

Mouvement spontané

En quelques heures seulement, ce cortège guérétois est passé du lycée Favard au lycée Bourdan, en passant (quelques minutes seulement) par la place Bonnyaud, avant de revenir route de Courtille en début d'après-midi : le mouvement est à réaction, les décisions sont prises de manière spontanée et sur le vif. 

C'est justement pour cette raison que personne ne sait exactement si ça va durer. "On va rester aux endroits où on est visibles, sans tout bloquer", révèle Tom. "S'il faut rester une ou deux semaines, moi, je reste." D'autres lycéens, pris à partie au moment de sortir prendre l'air, s'avouent franchement agacés. "Ça m’énerve un petit peu, les manifestations, quand les gens ne savent pas pourquoi ils manifestent", ironise l'un deux pendant une pause, devant le lycée Bourdan. "Certains m’ont clairement dit que c’était pour rater les cours."

Et pas mal d'autres sont un peu coincés entre l'envie de continuer et l'appréhension de manquer les cours. C'est le cas de Jillian, en 1ère au lycée Favard : "En faisant cette manifestation, je pense à mon avenir. Mais il faut aussi que je travaille à côté," admet-il. Il ne sait pas s'il va continuer à se mobiliser dans les prochains jours. "C’est beau de manifester, mais il faut essayer de voir plus loin aussi."