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Société

Les médecins isérois ont signalé 34 incidents l'an passé

mercredi 4 avril 2018 à 19:47 Par Céline Loizeau, France Bleu Isère

Insultes, menaces, agressions physiques, vols, etc. Plus de 1000 incidents du genre ont été signalés par des médecins en France l'an passé. C'est ce qui ressort du rapport de l'observatoire de la sécurité des médecins. Avec 34 faits, l'Isère est le 5e département le plus impacté.

Pour la 1ere fois, la barre des 1.000 faits dénoncés a été franchie.
Pour la 1ere fois, la barre des 1.000 faits dénoncés a été franchie. © Maxppp - Luc Nobout

Grenoble, France

Depuis que l'observatoire pour la sécurité des médecins existe - sa création remonte à 2003 - en France, les médecins n'ont jamais signalé autant de cas d'insultes, de menaces, d'agressions ou de vols à leur égard. 1035 déclarations d'incidents précisément. Il s'agit principalement d'agressions verbales et de menaces (62%). Suivent les vols et tentatives de vol (23%), le vandalisme (8%), puis les agressions physiques (7%). C'est un nouveau record et pour la première fois la barre des 1.000 faits a été franchie. 

Parmi les motifs, dans 29% des cas référencés, il s'agit d'un reproche relatif à une prise en charge; dans 22% un vol, dans 14% un refus de prescription (médicament, arrêt de travail). Le temps d'attente jugé excessif et la falsification de document (ordonnance, certificat) représentent chacun 10%. Dans 62% des cas, les victimes sont des médecins généralistes. Dans 51% des cas, il s'agit de femmes.

34 incidents en Isère, bien loin de la réalité selon plusieurs professionnels

Si on regarde département par département, l'Isère figue à la 5e place avec 34 faits signalés derrière le Nord, les Bouches-du-Rhône, la Loire et la Haute-Garonne. 34, c'est 7 faits de plus qu'en 2016 et 1 de moins qu'en 2015 où le département était alors 3e. Mais selon plusieurs professionnels isérois, ce chiffre est bien loin de la réalité. "Il faut savoir qu'environ un quart des médecins seulement signalent les faits", selon le Dr Pascal Jallon, président de l'Ordre des médecins dans le département. Et de citer l'exemple d'un confrère d'une clinique de l'agglomération grenobloise qui, l'an passé, a eu une jambe fracturée par un patient mécontent : "on l'a su par hasard."

Badis Hadrouf, président de MG France 38, syndicat de médecins généralistes, affirme lui aussi qu'on est en deçà de la réalité. Ses confrères ne signalent pas systématiquement car "pour certains, c'est rentré dans le quotidien; pour d'autres, c'est faute de temps. L'autre hypothèse, c'est qu'ils mettent ça sur le compte de la souffrance de leur patient." Il explique aussi que l'époque où le médecin était un "notable" est révolue. "Il n'y a plus cette barrière qui faisait qu'il y avait cette notion de bienveillance quand on pensait à son médecin." Et d'évoquer l'expression d'un mal-être de l'ensemble de la société. "On est des sortes de représentants de l'autorité (...) On peut en arriver à cet extrême qui est d'agresser soit le médecin, soit le pompier."

En cas d'agressions graves, l'Ordre se constitue partie civile

L'Ordre des médecins de l'Isère comme MG 38 invitent les professionnels à signaler les faits pour avoir des chiffres plus juste, ainsi qu'à déposer plainte pour que l'auteur soit puni. Dans les cas d'agressions physiques graves, l'ordre des médecins se constituent partie civile. Ce fut le cas lorsqu'un patient a tiré à deux coups de fusil dans un cabinet sans viser la médecin, car celle-ci lui avait refusé un arrêt de travail. L'affaire remonte à avril 2016 à Izeaux. L'homme avait été condamné à 30 mois de prison dont 18 avec sursis mise à l'épreuve.

Selon les données de l’observatoire, au plan national, 74% des cas portés à sa connaissance ont eu lieu en milieu urbain, banlieue comme centre-ville. Dans l'agglo grenobloise, SOS médecins affirme qu'il n'y a pas eu de faits récents. Cette structure d'une trentaine de médecins, qui interviennent en urgence, estime que par son organisation elle est un peu plus épargnée. Les médecins ne font pas de renouvellement d'ordonnance et ne prescrivent pas de traitements substitutifs aux drogues. Ils ne sont pas médecins référents donc ne délivrent pas d'arrêt maladie de longue durée. Cependant, ce groupement qui assure 90.000 consultations par an, s'organise au fil du temps pour renforcer sa sécurité. _"Lors de notre déménagement fin 2017, on a équipé nos nouveaux locaux de caméras de vidéo-surveillance_. Bien évidemment, les salles de consultations restent secrètes et ne sont pas concernées, mais c'est le cas de la banque d'accueil du public, des couloirs et de la salle d'attente", précise Richard Langlois, vice-président. 

En cas d'intervention chez un patient atteint de troubles psychiatriques, et dans des cas bien précis, les médecins de ce groupement peuvent demander à être accompagnés par des policiers ou des gendarmes. Toujours lors de visites à domicile, ils disposent d'un bouton "panique" sur le téléphone portable pour signaler à leur secrétariat un gros souci. Pour l'instant, aucun médecin a dû avoir recours à ce dispositif.