Société

Les médecins libéraux en grève tout le week-end

France Bleu vendredi 13 mars 2015 à 7:46

Une manifestation de médecins contre la loi Touraine, le 5 janvier dernier
Une manifestation de médecins contre la loi Touraine, le 5 janvier dernier © MaxPPP

A partir de ce vendredi matin à 8h, et jusqu'à lundi matin, les médecins libéraux sont en grève. Ils sont appelés par leurs syndicats à n'assurer ni les gardes, ni les urgences, et à fermer tous leurs cabinets samedi. Dimanche, ils doivent prendre part à une manifestation à Paris.

"Non au projet de loi santé. Tous unis pour la santé de demain " : c'est le mot d'ordre de la manifestation organisée dimanche à Paris contre le projet de loi santé supporté par la ministre Marisol Touraine. Généralistes, chirurgiens, internes, mais aussi infirmiers et kinésithérapeutes sont appelés à participer à cette marche, pour laquelle les organisateurs attendent quelque 20.000 invités

Une grève dès vendredi matin

D'ici là, les syndicats ont appelé les médecins libéraux à entamer dès ce vendredi une grève des gardes et des urgences. Et ce samedi, tous les professionnels de santé sont invités à ne pas ouvrir leurs cabinets. Concrètement, cela signifie que les urgences risquent d'être engorgées ce week-end , car les chirurgiens libéraux n'opèreront pas, les infirmiers libéraux ne répondront pas aux demandes, et SOS médecins sera injoignable.

"Une telle mobilisation unitaire n'a pas eu lieu depuis 2002 ", explique Eric Henry, porte-parole du Mouvement pour la santé de tous. Les professionnels de santé sont vent debout contre plusieurs mesures prévues par le projet de loi, et en premier lieu la généralisation du tiers-payant. Cette mesure, qui permettra aux patients de ne plus avoir à avancer les frais , est selon Didier Legeais de l'Union des chirurgiens de France (UCDF), "une pseudo-gratuité qui va faire exploser les dépenses ". 

"Provocation "

Et pourtant, la mesure est plébiscitée par les Français (63% d'opinions favorables selon un sondage récent), et Marisol Touraine a confirmé lundi qu'elle serait appliquée d'ici à 2017, ce que les opposants au projet ont vu comme une "provocation ", un "triple salto arrière " selon Eric Henry, qui rappelle que quatre tables rondes avec le monde de la santé ont pourtant été organisées en février. La CSMF, principal syndicat de médecins, dénonce "l'entêtement" de la ministre.

Les médecins ont déjà obtenu quelques avancées, en particulier l'annulation de la possibilité pour les pharmaciens de vacciner (ce qui jusqu'à présent est réservé aux médecins). Mais ce n'est pas suffisant : la CSMF et le syndicat de généralistes MG demandent une réécriture du texte, dont l'examen doit débuter mardi à l'Assemblée Nationale. Le collectif Mouvement pour la santé de tous, qui regroupe quelque 40 organisations, exige pour sa part le retrait pur et simple du projet de loi

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