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Les migrants du squat à Dijon, à nouveau expulsables, se mobilisent

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Par , France Bleu Bourgogne

Les migrants du squat de la rue Becquerel à Dijon se sont réunis ce mercredi, devant les locaux de l'entreprise à qui appartient le bâtiment squatté. Ils craignent d'être expulsés après la décision du tribunal rendue fin juin et en appellent à la solidarité du propriétaire.

"Non aux expulsions"
"Non aux expulsions" © Radio France - Sophie Allemand

Près de 70 migrants et membres d'associations se sont rassemblés ce mercredi 08 juillet dans la matinée devant le siège de la Société Est Métropole à Dijon. Il s'agit de l'entreprise propriétaire de l'immeuble situé au 11 de la rue Henri Becquerel, là où une centaine de migrants squattent depuis presque un an. Une décision de justice tombée fin juin leur demande de quitter les lieux. La fin de la trêve hivernale, repoussée à cause du coronavirus se termine ce vendredi, date à laquelle ils seront donc expulsables.   

Une lettre déposée au propriétaire

Les manifestants sont venus dans un but bien précis, afin de déposer une lettre au propriétaire et lui demander d'être solidaire. "Nous ne pouvons pas quitter les lieux dans les délais prévus, pour diverses raisons," y lit-on. La majorité d'entre eux sont en situation régulière mais pas logés, les autres toujours en cours de procédure. C'est le cas de Youssouf, jeune-homme en fauteuil roulant : "en tant qu'humain il faut vraiment de la solidarité. La situation sanitaire touche tout le monde, dans la rue nous sommes exposés aux dangers. Ce n'est pas bien de nous laisser à la merci de la nature." 

"Avec le coronavirus, on va aller dormir où, dehors ?" 

Une femme originaire du Tchad, à Dijon depuis sept mois, a peur de se retrouver à la rue : "avec le coronavirus, on va aller dormir où, dehors ? C'est difficile, je n'ai nul part où aller. Je demande au propriétaire de nous laisser en attendant que l'on trouve une autre place". "Habiter dans une maison, c'est important, pas seulement par rapport au virus. Il y a pleins d'autres raisons ! Près de 80 personnes à la rue, ce n'est pas possible, cela renvoie même une mauvaise image du pays, et de la ville de Dijon," ajoute Hassan, à côté, après avoir lu la lettre à voix haute. 

Une propriété privée, sans utilité pour l'instant

Face à eux la porte de la SEM, entreprise privée qui rachète des bureaux pour les réhabiliter dans le cadre de la politique de la ville à Dijon, reste close. Le propriétaire du bâtiment a tout de même lu cette lettre glissée sous la porte. Thierry Coursin, le PDG de la SEM est favorable à l'expulsion. Selon lui, l'Etat offre d'autres solutions aux migrants qui squattent les lieux : "cette population cherche à avoir des droits et c'est normal. Inversement, il y a aussi des droits de la propriété privée à faire respecter. La justice tranche, en disant que comme l'Etat a déjà prévu des hébergements, ils n'ont pas à habiter dans une propriété privée. De plus ce bâtiment n'est pas absolument pas destinée à l'habitation mais à des bureaux."

"Pour les gens qui sont dedans, c'est vital de pouvoir rester"

Maître Dominique Clémang, l'avocate qui défend les migrants du squat, garantit que ces personnes n'ont en réalité aucune autre solution de logement. "Je suis d'accord avec Monsieur Coursin, dit-elle, ce n'est pas de sa responsabilité, il n'incarne pas l'Etat français. Il se trouve que l'Etat ne trouve pas de solution, et que ce bâtiment ne sert à rien. Il faut insister là dessus : le projet de la ville est de le récupérer pour en faire des espaces verts, il n'y a aucune urgence à le récupérer. Par contre pour les gens qui sont dedans, c'est vital de pouvoir rester.

L'avocate a fait appel de cette décision du tribunal, mais cela n'est pas suspensif. Le préfet de Côte-d'Or peut toujours décider l'expulsion dès ce vendredi 10 juillet.

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