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Société

VIDÉO - Les migrants de Saint-Herblain sous la menace d'une expulsion

mardi 12 février 2019 à 16:39 Par Willy Moreau, France Bleu Loire Océan

Le diocèse de Nantes a demandé l'expulsion des 200 migrants du gymnase du lycée Jeanne Bernard de Saint-Herblain. La justice doit rendre sa décision ce jeudi.

Le gymnase de Saint-Herblain accueille plus de 200 migrants dans des tentes.
Le gymnase de Saint-Herblain accueille plus de 200 migrants dans des tentes. © Radio France - Willy Moreau

Saint-Herblain, France

Les réfugiés du gymnase de Saint-Herblain dormiront-ils bientôt dans la rue ? C'est la crainte du collectif Soutien Migrants Nantes. Pour l'heure, plus de 200 personnes logent dans l'établissement mais le diocèse ne veut plus les héberger dans ces conditions insalubres

Pas d'eau chaude et une cuisine pour plus de 200 personnes

La décision pourrait tomber ce jeudi. Le tribunal de Nantes doit acter ou non l'expulsion des réfugiés présents dans le gymnase de l'ancien lycée privé Jeanne Bernard à Saint-Herblain. La grande salle accueille une centaine de tentes. Faute de place disponible, les migrants y dorment à deux ou plus

Les sanitaires manquent. Il n'y en a que quatre pour plus de 200 personnes. "C'est extrêmement dur. Nous vivons ici sans rien, sans équipement. Pour se laver, on est obligé d'aller ailleurs", raconte Filmon, sur place depuis quelques jours. 

Les associations comptent sur une autre solution d'hébergement mais réclament un peu de temps pour trouver une alternative adéquate. Arnaud de l'association L'Autre cantine, est amer : "Ça me fout en rogne. Le problème, c'est que dans l'agglomération, il n'y a pas d'autres lieux d'accueil. Des gens arrivent tous les jours. Tant qu'il n'y aura pas un système d'accueil prévu dès l'arrivée, il y aura toujours des gens à la rue qu'il faudra bien mettre quelque part".

Le diocèse se propose d'accueillir 70 personnes

Le sujet de l'expulsion est au cœur de toutes les discussions. Alassane, jeune Guinéen, est très inquiet pour la suite : "On ne sait pas où aller surtout en pleine période hivernale. On ne sait pas quoi faire, je suis complètement perdu"

Une seule gazinière permet de faire la cuisine pour les 200 personnes logées. - Radio France
Une seule gazinière permet de faire la cuisine pour les 200 personnes logées. © Radio France - Willy Moreau

Si le diocèse a saisi la justice pour lancer cette procédure d'expulsion, c'est avant tout pour des mesures de sécurité rappelle Xavier Brunier, délégué de l'évêque pour la solidarité au diocèse de Nantes : "On ne veut pas faire un mauvais accueil. La dignité des personnes ne permet pas n'importe quoi et ce que l'on voit au gymnase, c'est exactement ce que nous ne souhaitons pas faire"

"On parle de mise à l'abri. Oui mais à quel prix ?" - Xavier Brunier, diocèse de Nantes

Le diocèse propose d'ailleurs d'ouvrir le foyer Gaston Turpin pour accueillir soixante-dix migrants. D'autres solutions doivent donc être trouvées pour loger tout le monde. L'aile ouest de l'ancien collège Notre-Dame du Bon Conseil - dans un premier temps proposé - se révèle finalement aussi insalubre que le gymnase d'après le diocèse

Des affiches en plusieurs langues permettent aux réfugiés de connaître adresses et numéros de téléphone basiques. - Radio France
Des affiches en plusieurs langues permettent aux réfugiés de connaître adresses et numéros de téléphone basiques. © Radio France - Willy Moreau

Le Collectif Soutien Migrants Nantes a également demandé au département d'accéder aux locaux de l'ancien lycée Vial mais dit ne pas avoir reçu de réponse pour le moment. 

Le diocèse et les associations insistent tous d'ailleurs pour que l'État se saisisse de la question et que les collectivités proposent une solution d'hébergement avant qu'une éventuelle procédure d'expulsion soit entamée.