Société

Les militaires de Champagné mobilisés en Afrique fêtent le Réveillon loin de chez eux

Par Noémie Bonnin, France Bleu Maine mercredi 30 décembre 2015 à 19:07

Les militaires de l'opération Barkhane au Réveillon. (Photo 2014)
Les militaires de l'opération Barkhane au Réveillon. (Photo 2014) © Maxppp

Les soldats du deuxième RIMA participent à l'opération Barkhane, contre les djihadistes au Sahel. Les fêtes de fin d'année sont des moments difficiles à passer, loin des proches et des familles.

Les militaires du deuxième RIMA (Régiment d'Infanterie de Marine, basé à Champagné), sont en opération au Sahel dans le cadre de l'opération Barkhane depuis le mois d'octrobre, contre les djihadistes. Ils reviennent tout juste de Madama, une base avancée en plein désert, au Niger, et sont de retour désormais dans un camp militaire à N'Djamena, au T'chad. Les fêtes de fin d'année ? "C'est toujours un moment difficile, même quand on est habitué", confie Yann, officier adjoint. "Les fêtes c'est fait pour être vécues en famille. Là ça fait trois mois qu'on est en Afrique, on pense beaucoup à nos proches en ce moment." 

Les fêtes de fin d'année sont des moments difficiles pour ces militaires.

Pour les novices, c'est difficile aussi. "Moi j'avais un peu d'appréhension, on ne sait pas trop comment on va pouvoir réagir sur le plan émotionnel" raconte Steven, première classe, qui vit sa toute première opération. Steven a une compagne et un petit bébé de cinq mois qui l'attendent en France. Mais il peut leur parler assez régulièrement : grâce au téléphone bien-sûr, et à internet, Facebook ou Skype pour se voir. 

Moi j'ai reçu un petit sapin de Noël dans un colis.

— Steven, soldat première classe

Et puis il y a les colis, très appréciés des soldats : "Moi j'ai reçu un petit sapin de Noël dans un colis, il y avait aussi du foie-gras, des petites améliorations comme ça qui font vraiment plaisir." Yann reçoit aussi beaucoup de colis, sa mère a carrément monté un petit groupe de soutien aux militaires sur Facebook : "J'ai trop de colis, je ne sais plus où les mettre !" raconte en riant l'officier adjoint. "Ce sont des trucs qu'on n'a pas trop ici : de la charcuterie, des biscuits apéro, des gâteaux, quelques bonbons... ce n'est pas trop bon pour la ligne mais très bon pour le moral!"

Les militaires ont le droit de recevoir des colis de leur famille.

Le menu du repas de Réveillon est encore une surprise. "Sûrement du foie-gras et d'autres choses classiques de fête" détaille le lieutenant Aymeric. "Pour la boisson par contre, il faut être raisonnable. On a quelques bières pour l'apéro, un peu de vin, mais ça reste limité. Il faut qu'on soit toujours en capacité de réagir s'il se passe quelque chose. Il faut trouver le bon équilibre, ce n'est pas toujours facile pour les hommes." 

Je pense que c'est plus difficile pour ma compagne que pour moi. Nous on est dans une ambiance particulière de mission.

— Aymeric, lieutenant

Aymeric aussi a des enfants en France. Une fille de deux ans et demi, un bébé de sept mois. Et sa compagne : "Je pense que c'est plus difficile pour elle que pour moi. Nous on est dans une ambiance particulière de mission, donc c'est différent. Et puis ces moments de fête renforcent vraiment les liens de cohésion entre nous. On discute d'autres choses que du boulot, on parle de notre vie privée, de nos familles, on sort un peu du cadre de la mission."

Ces moments difficiles renforcent la solidarité entre militaires.

Les militaires vont donc passer un moment convivial ce 31 décembre, mais pas tous : la garde du site, elle, ne s'arrête jamais. Que ce soit fête ou pas, il faut des patrouilles pour surveiller le camp de base.

Voir aussi : Près de 850 lettres pour les soldats du Sahel