Société

Les nids de poule, cauchemar des automobilistes franciliens

Par Martine Bréson et Delphine Evenou, France Bleu Paris vendredi 30 octobre 2015 à 11:32

Nid de poule
Nid de poule © Radio France

Les nids de poule inquiètent les automobilistes franciliens. La Seine-et-Marne va investir trois millions et demi d’euros supplémentaires d’ici la fin de l’année pour rénover ses routes et boucher les nids de poule.

La Seine-et-Marne met les bouchées doubles pour les travaux de voierie. Après avoir investi près d’1,5 million d’euros cet été, le département va consacrer 3,5 millions d’euros d’ici la fin de l’année 2015 pour réparer les routes et boucher les nids de poule.

Ces trous, plus ou moins profonds dans la chaussée, peuvent être très dangereux. Essayer de les éviter peut conduire à des accidents en chaîne. Rouler dans un nid de poule peut aussi abîmer la voiture. "J’ai éclaté un pneu une fois", raconte Guy, un automobiliste qui roule beaucoup en Ile-de-France.

Les réparations coûtent cher

C’est le gel et le dégel qui sont la cause des nids de poule. Mais même si l’hiver n’a pas commencé, ces trous sont nombreux en Ile-de-France. Un millier de nids de poule a été rebouché en Seine-Saint-Denis depuis début 2015. Il y en a eu 4.500 à Paris et sur le Périphérique. Les rebouchages sont rapides, indique Boris Mansion du service voirie de la Mairie de Paris. "Dès que nous avons ce signalement, on a en moyenne 24 heures pour le traiter. D'abord de façon urgente en le bouchant immédiatement avec de l’enrobé à froid et puis après, on missionne une entreprise pour faire une réparation plus pérenne. Surtout pour les vélos et les rollers, on ne peut pas se permettre d’avoir des nids de poule qui restent trop longtemps".

Dans le Val-de-Marne comme en Seine-Saint-Denis, il n’y aurait pas d’augmentation significative du nombre de nids de poule. Dans le Val-de-Marne, on fait de la prévention. On traite dès la moindre fissure pour éviter la formation des trous. "Pour l’instant, le département peut assurer ses dépenses mais cela pourrait ne pas durer. Compte tenu des baisses des dotations de l’Etat, aujourd’hui, on dépense entre 6 et 8 millions d’euros pour ces travaux mais si demain on divise la somme par deux, les nids de poule vont être 4 ou 5 fois plus nombreux", explique Nicolas Mati, directeur des transports de la voirie et des déplacements au Conseil départemental du Val-de-Marne.

"La chaussée de l'A86 est délabrée": Christian Favier

La situation est bien différente pour les routes qui dépendent de l’Etat. L’état des routes nationales et de certaines autoroutes inquiète les élus franciliens qui montrent du doigt certaines portions de l’A6 ou de l’A86. "Cela fait des années que l’entretien n’est pas fait de manière régulière sur l’A86 et donc la chaussée est dans un état de délabrement, d’abandon tel , qu’aujourd’hui cet autoroute donne une image catastrophique de notre région. Cela pose aussi des problèmes de sécurité aggravés par la réduction de l’éclairage public sur le réseau autoroutier", indique Christian Favier, sénateur communiste et président du Conseil départemental du Val-de-Marne.

Avec plusieurs élus de son département, Christian Favier a envoyé une lettre, fin août 2015, à Ségolène Royal. Ensemble, ils voulaient alerter la ministre sur le mauvais état des routes gérées par l’Etat. Ils n’ont toujours pas obtenu de réponse.