Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

Les opposants au compteur Linky se mobilisent dans la Vienne et les Deux-Sèvres

vendredi 3 novembre 2017 à 6:01 Par Noémie Lair, France Bleu Poitou

Les compteurs Linky sont en train d'être déployés à Poitiers. Ils l'ont déjà été à Niort. Ils permettent de mesurer la consommation d'électricité en temps réels. Une nouveauté qui ne réjouit pas tout le monde. Une conférence anti-linky est organisée à 20 heures aux Salons de Blossac à Poitiers.

Le nouveau compteur Linky relève votre consommation au quotidien
Le nouveau compteur Linky relève votre consommation au quotidien © Radio France - Olivier Estran

Poitou-Charentes, France

35 millions de compteurs Linky doivent être installés dans toute la France d'ici 2021. Ils sont déjà 28 000 dans les Deux-Sèvres, 19 000 dans la Vienne. De nouveaux compteurs d'Enedis (ex-ERDF) qui permettent, notamment, de mesurer la consommation d'électricité en temps réels. L'installation de ces compteurs ne plaît pas à tout le monde. Plusieurs collectifs anti-Linky ont été créés, notamment dans les Deux-Sèvres et la Vienne. Une conférence est d'ailleurs organisée ce soir, à 20 heures, aux Salons de Blossac, à Poitiers. Elle sera animée par Stéphane Lhomme, conseiller municipal de Saint-Macaire, en Gironde, première commune de France à avoir refusé les compteurs.

Dans les Deux-Sèvres, les installations ont commencé il y a bientôt deux ans. Aussitôt, des collectifs ont été créés pour protester contre ces nouveaux compteurs. Patricia Véniel, porte-parole du collectif anti-Linky dans les Deux-Sèvres, dénonce, notamment, le "flicage qui arrive dans nos maisons". Elle soupçonne Enedis de collecter des données sur la consommation des usagers grâce à ces nouveaux compteurs et de les revendre ensuite à d'autres sociétés.

Les collectifs dénoncent des méthodes totalitaires

Pour Patricia Véniel, ce sont aussi les méthodes employées par les installateurs qui posent problème. Elle dit recevoir tous les jours des témoignages d'habitants se plaignant des procédés utilisés par les prestataires d'Enedis. Son collectif dénonce des méthodes totalitaires :

Ils intimident et se permettent même la violation de domicile chez les citoyens. Cela nous pose énormément de problèmes, ça veut dire que notre liberté de choix n'est pas prise en compte." - Patricia Véniel, porte-parole du collectif anti-Linky des Deux-Sèvres.

Des plaintes ont été déposées mais elles n'ont pour l'instant pas abouti. Patricia Véniel ne comprend pas comment de tels comportements sont possibles en France et en appelle aux élus. La porte-parole conseille aussi à ses concitoyens de barricader leur ancien compteur pour empêcher les installateurs de le décrocher du mur pour le remplacer.

Dans la Vienne aussi les opposants se mobilisent. Marie Mai fait partie de l'association "Actif conscience citoyenne" à Chauvigny. Pour elle, le premier problème est le manque d'informations : "On rencontre des gens qui ne sont même pas au courant de l'existence de ces nouveaux compteurs. Cela pose plein de questionnements en fait. De plus, vouloir nous l'imposer en nous faisant croire que c'est obligatoire légalement alors que ce n'est pas vrai nous met forcément la puce à l'oreille."

Les questions d'ondes électromagnétiques et de leurs effets sur la santé sont également régulièrement évoquées mais il n'y a pas que cela précise Marie Mai :

"Pour nous, il y a aussi une question de gaspillage. On sait que Linky c'est 35 millions d'anciens compteurs qui vont être jetés, ainsi que 35 millions de compteurs pour l'eau et 11 millions de compteurs pour le gaz, ce qui fait plus de 80 millions de compteurs qui sont mis au rebut alors même qu'ils sont en parfait état de marche. On ne sait même pas s'ils seront recyclés !" - Marie Mai, membre de l'association Actif conscience citoyenne

Les collectifs dénoncent également le risque de suppression d'un millier d'emplois. Ceux des techniciens chargés de relever les compteurs notamment, puisqu'avec les compteurs Linky, il n'y aura plus besoin de se déplacer. En revanche, ces nouveaux compteurs sont en partie fabriqués dans la Vienne, sur le site d'Itron, à Chasseneuil-du-Poitou. Après un plan social en 2015, ce contrat avec Enedis a permis de créer 20 à 30 emplois dans l'entreprise.

Chaque jour, des questions à la permanence de l'UFC-Que-Choisir

René Paillat, de l'UFC que Choisir de la Vienne, reconnait que lors de chaque permanence téléphonique, trois types de questions reviennent systématiquement à propos de la pose des compteurs intelligents. "Cela tourne autour du côté intrusif surtout. On nous dit : 'on n'a pas envie que les gens entrent comme ça chez nous'. Ensuite, il y a les électrosensibles qui nous disent que ça va être l'enfer parce que rien que l'antenne à côté d'eux les perturbe beaucoup. Et enfin, il y a le respect de faire ce que l'on veut. 'On nous impose quelque chose, or, on n'a pas envie de se faire imposer quoi que ce soit.'"

"On est incapables de connaître les usages des consommateurs et les données sont la propriété du client" - Emmanuel Bodin, responsable Enedis Poitou-Charentes.