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Société

À Ganges, les parents d'élèves en colère contre la montée de la violence à l'école

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Par , France Bleu Hérault

Les parents d’élèves de l’école primaire de Ganges dénoncent la montée de la violence dans l'établissement. Selon eux, la fermeture d’une classe et les sureffectifs sont à l’origine de cette flambée.

Les parents d'élève ont organisé un "goûter pacifique" devant l'école de la commune
Les parents d'élève ont organisé un "goûter pacifique" devant l'école de la commune © Radio France - Sophie Eychenne

Ganges, France

Les parents d'élèves de Ganges sont en colère. Des classes surchargées, des faits de violence... Ils tirent la sonnette d'alarme sur la situation de l'école primaire de la commune. Ils réclament des moyens supplémentaires.

Il y a deux ans, la maternelle et l'élémentaire ont fusionné. On avait alors promis à ces parents que cela n'engendrerait pas de fermeture de classe. Mais l'année dernière, une classe a été supprimée. Plusieurs mamans se sont donné rendez-vous devant l'école le jeudi 6 juin, pour un "goûter pacifique". En plus des biscuits, sirops et jus de fruit sur la table, il y avait des feuilles blanches et des stylos. Ainsi, ceux qui le souhaitaient pouvaient témoigner anonymement sur la situation de l'école.

Des situations très violentes

Cindy, par exemple, a écrit sur l'une de ces feuilles. Elle est la maman d'Enzo, 7 ans. Le petit garçon souffre de harcèlement à l'école. "Depuis la rentrée, _il se fait taper par tout le monde_. Des petits, des grands, des CM1, des CM2... On le choppe par la gorge, on le soulève, on l'étrangle. Il n'en dort plus la nuit, il se réveille en pleurant et en hurlant", témoigne cette maman en colère. Résultat, l'année prochaine Enzo va changer d'école pour un établissement privé, plus coûteux.

Gaëlle aussi est excédée. Son garçon de 10 ans, Dylan, a eu les deux chevilles tordues après un "jeu" avec ses camarades. "Prendre un enfant et le jeter par terre, pour moi ce n'est pas un jeu, c'est de la bagarre", dénonce-t-elle. Et cette mère de famille s'inquiète : "À un moment donné, on se pose vraiment des questions sur l'avenir de notre enfant. Il y a déjà assez de difficultés dans la vie quotidienne, alors s'il y en a en plus à l'école. Je me demande comment il va finir à la fin de l'année."

"On se pose vraiment des questions sur l'avenir de notre enfant".

Le témoignage de Gaëlle, la maman de Dylan, 10 ans.

L'origine de cette violence, selon ces parents, c'est notamment la surcharge des classe. Vanessa est la maman d'Anaïs, en maternelle. La maîtresse de sa fille enseigne aux petites, moyennes et grandes sections. "Ça fait beaucoup d'enfants pour une seule personne", déplore Vanessa. "S'il y a un élève en difficulté, c'est compliqué de s'occuper plus de lui. Il n'y a pas assez d'effectifs et je pense que les instituteurs en ont marre. Il faut que ça bouge."

"Il est encore temps d'agir"

Pourtant l'académie a déjà pris des mesures pour cette école : des classes spécialisées ont été mises en place pour les élèves en difficulté, comme les dispositifs Rased ou Ulis. L'école primaire de Ganges fait également partie des établissements en test pour les petits-déjeuners gratuits. Mais selon le maire de la commune, Michel Fratissier, on ne met pas le doigt sur le vrai problème : ce sont aussi les professeurs qui ont besoin d'accompagnement. "Il faudrait un peu plus de soutien, de moyens humains pour qu'ils sentent qu'ils ne sont pas seuls", reconnaît le maire. Selon les parents d'élèves, les professeurs aussi dénoncent un ras-le-bol général, mais eux ne s'expriment pas, par crainte de la hiérarchie.

Les parents d'élèves dénoncent la montée de la violence à l'école de Ganges

Le maire aussi s'inquiète sur la situation de l'école sur le long terme : "Là, le danger, c'est que l'équilibre ne se fasse plus. Il est encore temps d'agir dans la discussion sereine pour faire des propositions raisonnables. On a une année difficile, il ne faudrait pas qu'on en passe deux de plus".

La maire de Ganges, Michel Fratissier, estime que la situation doit changer rapidement.