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Économie – Social

Les personnels de l'EHPAD de Vertheuil, en Gironde, ne veulent plus être "des robots de soin"

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Par , France Bleu Gironde

Les personnels des maisons de retraite étaient appelés à la grève à l'échelle nationale ce lundi 1er juillet, pour dénoncer les manques de moyens et de soignants. À Vertheuil (Gironde), les employés de l'EHPAD en ont profité pour crier leur mal-être et leur épuisement.

L'EHPAD de Vertheuil accueille 80 résidents
L'EHPAD de Vertheuil accueille 80 résidents © Radio France - Marie Rouarch

Vertheuil, France

"J'ai l'impression d'être devenue un 'robot de soin'". Les mots de Claude Gauzargues, aide-soignante depuis plus de 15 ans à l'EHPAD de Vertheuil, en Gironde. Cette déléguée CGT est en grève ce lundi 1er juillet pour dénoncer la dégradation de ses conditions de travail et des conditions d'accueil des 80 pensionnaires de cette maison de retraite.

Peu d'employés de l'établissement ont réellement cessé le travail ce lundi, "par peur des représailles de la direction, affirme Claude Gauzargues. La dernière fois, le directeur a voulu supprimer les temps de pause". Certaines aides-soignantes ou aides médico-psychologiques profitent de leur temps de pause pour rejoindre les syndicalistes mobilisées devant l'EHPAD. Toutes disent être "épuisées, usées".

Parfois, j'ai du mal à me regarder dans la glace à la fin de la journée - Claude Gauzergues, aide-soignante

"Ce que j'ai appris à l'école, le 'prendre soin', on n'a plus le temps de le faire, regrette Claude Gauzergues. On ne peut pas répondre à tous leurs besoins. J'ai commencé ici en 2003, on allait encore les promener dans le parc. Tout ça on ne peut plus le faire, on court toute la journée, parce qu'on n'est pas assez de personnels"

Le personnel dénonce le manque de moyens humains et matériels dans l'EHPAD - Radio France
Le personnel dénonce le manque de moyens humains et matériels dans l'EHPAD © Radio France - Marie Rouarch

Elle multiplie les exemples : 4 aides-soignantes pour coucher 80 résidents le soir, des repas expédiés, 20 minutes par résident pour faire la toilette, une douche par semaine. Conséquences ? Le personnel souffre : "on a toutes mal aux épaules, les lombaires cassés, les genoux... Certes on a des appareils pour nous aider mais certains résidents sont très lourds. On ne peut pas travailler en binôme par manque de personnel. Parfois il nous arrive de coucher des résidents de 100 kilos toute seule, alors on se fait mal !"

Maltraitance involontaire

Les résidents aussi souffrent. Certains se plaignent de ces repas servis à toute vitesse, parfois à peine cuits, de ces toilettes à la va-vite, de ce turn-over dans les effectifs qui empêche de créer des liens durables avec le personnel, etc. Leurs proches commencent à se mobiliser, à l'image de Corinne*. Devant le portail de l'EHPAD, elle brandit des photos de sa mère, Hélène*, 84 ans, pensionnaire depuis un peu plus de trois ans. "Elle n'est pas maltraitée volontairement par le personnel, souligne-t-elle, mais à cause du manque de soignants !"

"Ma mère reçoit énormément de médicaments, poursuit-elle, des somnifères, des anti-dépresseurs, des anxiolytiques. Ce qui fait que les personnes âgées dorment beaucoup. Ma mère a fait quatre chutes et on la sentait 'shootée' quand on arrivait". Corinne a les larmes aux yeux : Hélène est en fin de vie, "pour elle c'est fini, mais je continuerai à me battre pour les autres résidents", glisse sa fille. Un témoignage contesté par la mandataire judiciaire en charge de la tutelle de la vieille dame.

Un directeur adjoint solidaire

Le directeur de l'EHPAD de Vertheuil n'est pas présent sur site en ce jour de grève. Pas de dialogue avec les délégués de la CGT donc. Le directeur adjoint, lui, vient à leur rencontre. Olivier Simon dit comprendre la souffrance des personnels : "Oui on la comprend, on l'entend et on la vit avec eux. On est dans la même revendication, bien évidemment avec le devoir de réserve qui est le nôtre, pas forcément sur les mêmes modes de revendication, mais en tout cas sur une prise en compte de la situation des établissements, oui, bien sûr".

Il manque selon lui une volonté politique au niveau national d'accompagner les établissements et leurs équipes. Pour que cet EHPAD fonctionne au mieux, il faudrait une trentaine d'agents supplémentaires et atteindre le ratio "un patient - un soignant" selon la CGT.

*Les prénoms ont été changés