Société

Les petits villages en Béarn : disparaître pour exister

Par Daniel Corsand, France Bleu Béarn lundi 11 janvier 2016 à 8:34

L'avenir flou des micro communes du Béarn
L'avenir flou des micro communes du Béarn © Radio France - Daniel Corsand

Les micro communes, très nombreuses en Béarn, sont face à ce paradoxe : certaines envisagent de fusionner pour ne pas se diluer dans les futures intercommunalités qui se préparent.

Et si c'était la fin des communes ? Des plus petites en tous cas. En fin de semaine dernière, le conseiller départemental Charles Pélanne, lui même maire de Mont Disse, tout petit village, lançait l'idée de fusionner 19 mini communes des alentours de Garlin pour qu'elles ne se diluent pas dans les nouvelles grandes intercommunalités imposées par le Préfet. Au point de ne plus être maitre de leurs destins.

Une idée qui pourrait s'imposer à beaucoup en Béarn où il y a beaucoup de communes de moins de 100 habitants. Ces toutes petites communes vivent de très peu. Et pourraient avoir bien du mal à porter des projets au sein des intercommunalités géantes qui se préparent. Les communes pourraient se regrouper et les villages se transformer en hameau ou en lieu-dit.

Quand il y a des chiens errants qui mettent des poubelles par terre, ce sont un ou deux élus qui ramassent les déchets par terre.

Jean Cazalis, le maire de Mouhous

L'exemple de Mouhous. 52 habitants. 11 élus

Le dévouement des élus et le manque de moyens

Les maires et les élus tirent la langue au quotidien. Beaucoup sont obligés de faire les tâches communales eux mêmes. Se pose donc la question de leur motivation à terme. Et puis les dotations financières de l’État diminuent année après année.

Alain Sans est le maire de Rébénacq et président de l'association de maires. Pour lui, le piège de la réforme territoriale est en train de se refermer sur les plus petites communes. On les oblige en quelque sorte à disparaître pour se regrouper et continuer d'exister, malgré l'attachement des administrés pour leurs maires, leurs communes et leurs clochers.

C'est un déracinement. C'est un attachement charnel avec nos communes. On va se sentir dépossédé de quelques chose.

Alain Sans, président de l'association des maires

Alain Sans le président de l'association des maires du 64