Société

Les policiers confient un "malaise" mais continuent à aimer leur métier

France Bleu mardi 31 mars 2015 à 11:32

Des policiers en uniforme. (image d'illustration)
Des policiers en uniforme. (image d'illustration) © Maxppp

Une enquête publiée ce mardi par la Police nationale révèle pour la première fois de façon officielle le sentiment qu'éprouvent les policiers à l'égard de leur travail. Si la quasi-totalité des agents affirme qu'il existe bel et bien un climat de malaise dans les rangs de la police, plus de deux tiers d'entre eux dit aussi rester satisfaite de leur métier.

"On peut ressentir un malaise et être malgré tout heureux dans son travail " : c'est ce qu'il ressort de l'enquête révélée ce mardi par la Direction des ressources et des compétences de la police nationale (DRCPN), qui a interrogé les agents de police sur leurs conditions de travail. Il ressort de ce questionnaire que 94% des fonctionnaires ressentent bel et bien un malaise, mais que 67% se disent "satisfaits" de leur métier.

Autre paradoxe : pour 82% des fonctionnaires interrogés, le climat social dans la police est "mauvais" ou "très mauvais" . Ce qui ne les empêche pas de penser, pour 74% d'entre eux, de son "utilité dans la société". Et ils sont jusqu'à 98% à avoir "confiance en eux", voire même dans leur hiérarchie (à 65%).

Dégradation des relations avec la population

C'est la "première fois " qu'une enquête officielle publique de la police nationale s'intéresse à l'état des troupes. Les 142.000 agents de police ont reçu un questionnaire en 2014, dans lequel 66 questions étaient posées . Sur la totalité des agents, 45.000 ont répondu, et la DRCPN en a retenu un "échantillon représentatif " de 3.500 personnes, pour établir ce "baromètre social ".

Les moins de 25 ans et les plus de 55 ans sont les moins pessimistes, globalement, selon l'étude. En moyenne, 62,7% des fonctionnaires affirment que leur "motivation diminue ", et 64% ont l'impression que les relations police/population "se sont dégradées " entre mai/juin 2013 et mai/juin 2014, date à laquelle a été réalisée l'enquête. Mais, note la DRCPN, les résultats auraient "peut-être été différents " après les attentats parisiens du 11 janvier.