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Les policiers du Mans en ont ras le bol

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Par , France Bleu Maine

Marre des missions qui se répètent, des conditions de travail qui se dégradent. Marre aussi de la paperasse ou d'être la cible des critiques. Un malaise qui peut conduire certains agents au suicide. Une cinquantaine de policiers se sont donné la mort en France depuis le début de l'année

"C'est un ras-le-bol complet". Yohann Girault, policier au Mans dénonce les conditions de travail qui ne cessent de se dégrader. "Sur le terrain comme dans les bureaux". Il y a les problèmes d'effectif et les missions qui se multiplient.  " Dans le domaine de la procédure, on nous parle de simplification alors qu'on nous rajoute des actes. Résultat : les collègues qui avaient une cinquantaine de dossiers à traiter, se retrouvent maintenant avec 100 voire 150 dossiers à gérer. Ils sont débordés. C'est infaisable". Du coup, c'est toute la chaîne de la justice qui se trouve impactée avec des procédures en attente, des procès décalés, selon le représentant syndical de l'unité SGP FO. Mouvement des gilets jaunes, missions de sécurité, grogne des forains au printemps au Mans, les policiers n'en peuvent plus. Ils sont rappelés sur leur congés. Les arrêts maladies se multiplient. " Une cinquantaine de policiers se sont donné la mort en France depuis le début de l'année" contre 35 l'an passé à la même époque. " Les pontes de la police parlent de problèmes personnels. Faut arrêter ! J'ai eu l'occasion de parler avec notre ministre Christophe Castaner. Lui même reconnait que cela dépasse le cadre du privé. Donc on demande que la hiérarchie fasse plus attention à ses effectifs".

Il y a aussi des efforts à faire dans l'organisation de la police

Des renforts sont attendus avec l'arrivée le 1er décembre de 7 policiers supplémentaires au commissariat du Mans ( qui en emploie 386). Mais il y a aussi des efforts à faire au niveau de l'organisation de la police en générale et du partage des tâches entre police nationale et police municipale. " Le dimanche matin, par exemple, les policiers municipaux ne travaillent pas. C'est à la police nationale d'encadrer les marchés, pour les emplacements fourrière. Il y a une incohérence. On nous parle aussi de plus de policiers municipaux et d'agents de prévention. Pourquoi ne pas leur donner pour mission les tapages nocturnes. Ce sont les policiers nationaux qui les traitent pour l'instant. On est appelés cinq ou six fois par nuit pour des tapages nocturnes. On est détournés des missions principales".

Marre d'être la cible des critiques

S'il reconnait que cette usure peut avoir une influence sur le travail des policiers, Yohann Girault refuse que ses collègues soient considérés comme responsables. " La fatigue peut jouer mais il ne faut pas oublier qu'on a des patrons qui ne savent pas toujours maîtriser le maintien de l'ordre et qui ne donnent pas toujours les bons ordres". Sur l'affaire de la mort Steve Caniço à  Nantes, le policier préfère botter en touche. "Il y a une enquête en cours". Quand aux propos de Jean Luc Mélenchon qui a traité de "barbares" les forces de l'ordre, "Je préfère ne pas en parler, c'est une personne pour qui je n'ai aucun respect !"

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