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Grogne des policiers : l'appel des syndicats à des rassemblements peu suivi

Par Géraldine Houdayer, France Bleu mardi 25 octobre 2016 à 7:24 Mis à jour le mardi 25 octobre 2016 à 17:36

Les policiers manifestent depuis une semaine dans plusieurs villes de France.
Les policiers manifestent depuis une semaine dans plusieurs villes de France. © Maxppp - Slaine Grew

Débordés par un mouvement de grogne qui leur échappe depuis plusieurs jours, les syndicats de policiers ont peu mobilisé mardi avec leur premier appel à se rassembler devant les tribunaux pour dénoncer notamment le "laxisme" de la justice à l'égard des agresseurs des forces de l'ordre.

Une semaine après le début du mouvement de grogne, les syndicats de policiers, ont appelé à des rassemblements ce mardi 25 octobre devant les tribunaux; pour dénoncer notamment le "laxisme" de la justice avec les agresseurs de forces de l'ordre. Alliance, premier syndicat de gardiens de la paix, Synergie Officiers, l'Unsa et des syndicats de commissaires (SCPN, SICP) avaient appelé vendredi dernier, après quatre jours d'une mobilisation croissante qui a essaimé en province, à "des rassemblements silencieux devant les palais de justice" tous les mardis, de 13H à 13H30.

Les policiers étaient environ 150 devant le palais de justice de Paris, une centaine devant le tribunal de grande instance de Bobigny (Seine-Saint-Denis), une quarantaine à Lille et Toulouse, une trentaine à Marseille et Lyon, une cinquantaine à Rennes ou une vingtaine à Rouen. Une faible mobilisation comparée aux manifestations qui se déroulent, hors cadre syndical, chaque soir depuis neuf jours un peu partout en France. Ils étaient encore quelques centaines de policiers lundi soir à Paris, entre 200 et 300 à Toulouse ou 300 à Béthune (Pas-de-Calais).

L'assouplissement de la légitime défense et le retour des peines planchers

Les syndicats entendent canaliser le ras-le-bol des hommes en bleu et mettre à l'agenda la "révision du cadre juridique d'emploi des armes" et la "mise en place de peines plancher pour les agresseurs de membres des forces de l'ordre et services de secours", créées sous la droite et abrogées sous François Hollande. L'intersyndicale réclame également "l'alignement de la répression des outrages à personne dépositaire de l'autorité publique sur celle des outrages à magistrats dont les peines sont doubles". Autant de revendications portées jusqu'ici hors de tout cadre syndical par les policiers descendus dans la rue pour la première fois le 17 octobre, à la suite de l'attaque aux cocktails Molotov de quatre de leurs collègues à Viry-Châtillon (Essonne) quelques jours plus tôt.

Les manifs sauvages vont-elles se retrouver dans l'appel des syndicats ?

Mais pas sûr que les fonctionnaires, qui manifestent hors de tout cadre syndical depuis une semaine, rejoignent les organisations syndicales devant les tribunaux. Le mouvement spontané des policiers affiche sa rupture avec la hiérarchie et les syndicats. "Les rassemblements continueront tant que nous n'obtiendrons pas satisfaction. La grogne gagne du terrain et on veut que ça passe par la base et non par les syndicats", affirmait encore lundi à l'AFP, sous couvert d'anonymat, un policier des Hauts-de-Seine qui participe aux rassemblements dans la capitale.

Les syndicats reçus ce mercredi par François Hollande

Après avoir rencontré les ministres de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, et de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, la semaine dernière, des représentants syndicaux seront reçus par François Hollande mercredi . Les protestataires ont, eux, lancé un appel à se rassembler hors de tout cadre syndical peu avant, à 14H, devant l'Assemblée nationale. Les deux policiers grièvement brûlés à Viry-Châtillon sont désormais hors de danger, mais le traitement de leurs séquelles va être "très long", a indiqué lundi un médecin de l'hôpital Saint-Louis où l'un d'entre eux est toujours hospitalisé.

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