Société

Des policiers manifestent devant l'IGPN pour soutenir leur collègue, convoqué par la police des polices

Par Géraldine Houdayer, France Bleu jeudi 3 novembre 2016 à 16:57

Plusieurs centaines de policiers manifestent devant le siège parisien de l'IGPN ce jeudi.
Plusieurs centaines de policiers manifestent devant le siège parisien de l'IGPN ce jeudi. © Maxppp - Nicolas Kovarik

Plusieurs centaines de policiers ont manifesté ce jeudi devant le siège de l'IGPN à Paris. Ils protestent contre la convocation par la police des polices d'un de leurs collègues, leader du mouvement mouvement de colère de policiers.

Plusieurs centaines de policiers ont manifesté, ce jeudi 3 novembre, devant le siège de l'Inspection générale de la police nationale, l'IGPN à Paris, où est convoqué un leader des manifestations policières qui durent depuis près de trois semaines en France. Certains arboraient des masques à l'effigie du meneur ou des écharpes pour dissimuler en partie leur visage. Les manifestants ont acclamé Guillaume Lebeau, entonnant ensuite une Marseillaise. "On est venu apporter notre soutien à Guillaume qui, parce qu'il a parlé devant les caméras, est susceptible d'être sanctionné," a expliqué une policière de 36 ans, à l'AFP.

Il y a plein de collègues qui regardent dans le rétro en rentrant chez eux - un agent de la PJ de Paris

"Il y a plein de collègues qui regardent dans le rétro en rentrant chez eux. C'est pas des divagations de notre part, il faut nous protéger, nous, nos enfants nos familles", a réclamé un agent de la police judiciaire de Paris. Se disant "ému" dans une vidéo diffusée sur Twitter, Guillaume Lebeau, policier dans les Hauts-de-Seine, a remercié les "collègues" de leur soutien. "Je ne sais pas ce que l'IGPN me reproche exactement. Du coup, ils vont m'expliquer ça", a-t-il ajouté, se disant "un peu inquiet".

Un cas "isolé et particulier"

Selon une source policière, le policier a été convoqué non pas pour avoir manifesté mais pour son "comportement" pendant ces manifestations. Il avait déjà été reçu à ce sujet par le préfet de police et mis en garde, mais n'ayant pas tenu compte de cet avertissement, le préfet a demandé à ce qu'il soit convoqué à l'IGPN. Il s'agit, selon cette même source, d'un "cas isolé et particulier", l'IGPN ne faisant "pas de zèle" pour auditionner les "meneurs" du mouvement.

Les policiers ne peuvent manifester qu'hors service, hors usage des véhicules de police et de (sirènes) deux-tons" - le préfet de police de Paris

Consigne a été donnée aux préfets et directeurs départementaux de recevoir des délégations de manifestants afin qu'ils fassent part de leurs doléances, mais aussi pour repréciser et détailler les mesures décidées par le ministre de l'Intérieur, notamment le plan de 250 millions d'euros, "dans la concertation et avec le souci de l'écoute", selon des sources policières. Selon ces mêmes sources, le préfet de police a également rappelé que les policiers ne peuvent manifester que "hors service, hors usage des véhicules de police et de (sirènes) deux-tons".