Société

Les policiers messins reçus par le Préfet : "Il faut repenser le métier"

Par François Pelleray et Benjamin Bourgine, France Bleu Lorraine Nord lundi 24 octobre 2016 à 16:43

Yves Milla, du syndicat UNSA Police
Yves Milla, du syndicat UNSA Police © Radio France - François Pelleray

Des policiers qui manifestent le soir dans les rues depuis plusieurs jours : le phénomène est rare, et le malaise réel. Les préfets avaient pour consigne de recevoir aujourd'hui les représentants des syndicats. Illustration et témoignage à Metz.

Le mouvement de protestation des policiers continue un peu partout en France. Aujourd'hui, les préfets avaient pour consigne de rencontrer les représentants syndicaux. Même si ces syndicats sont parfois chahutés ou rejetés par la "base" de policiers en colère. A Metz, toutes les organisations syndicales ont vu le préfet de la Moselle au commissariat. Quasiment deux heures pour exprimer leurs doléances : les effectifs, la redéfinition des tâches, la lourdeur administrative, le manque, selon eux, de sévérité de la Justice.

On nous demande d'être psychologue - Lydia, policière à Metz

Lydia, policière à Metz - Radio France
Lydia, policière à Metz © Radio France - François Pelleray

Lydia est policière à Thionville. 24 ans de métier. Aujourd'hui, elle enregistre les plaintes. Toutes les plaintes, même celles qui ne se justifient pas. Selon elle, c'est une consigne de sa hiérarchie : "Par exemple, les plaintes qui ne devraient pas être enregistrées, ce sont les propos incohérents. On nous demande d'être psychologue, donc là quelque part, on engage notre responsabilité, alors que ce n'est pas de notre ressort. Mais même en prenant des plaintes, dans mon bureau, ça m'arrive. On m'injurie, on me tutoie, on me prend de haut."

Un fonctionnaire comme "concierge" de la préfecture ?

Le secrétaire régional adjoint du syndicat UNSA Police, Yves Milla : "Il faut repenser tout le métier, arrêter d'avoir des gens qui surveillent la préfecture, c'est quoi ce travail ! Et d'autres qui sont transformés en taxi pour gens ivres. Stop, ça suffit. Priorité à la sécurité, priorité à l'efficacité... ou privatisons le métier ! Quand il a fallu recentrer les services de police de Florange pour des raisons de sécurité, où il n'y avait que deux fonctionnaires de police dans le commissariat, on l'a fait ! Et la même chose pour Hayange. Au bout d'un moment, avoir un collègue, tout seul, qui fasse le concierge à la préfecture, ça nous pose problème."

2 manifestations à Metz cette semaine

Il y a deux rassemblements de policiers prévus à Metz les prochains jours. Ce mardi à 13 heures devant le Palais de Justice, à l'appel de l'UNSA et d'Alliance. Et mercredi SGP-FO organisera une marche au départ du commissariat à 12h30.

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