Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Les rues de Strasbourg sillonnées par la police

DIRECT - Fusillade à Strasbourg : le tireur en fuite identifié

Société

Les résidents des EHPAD franc-comtois, premiers concernés par la grève du personnel

mercredi 14 mars 2018 à 21:32 Par Laurine Benjebria, France Bleu Besançon

Le personnel du grand âge est de nouveau en grève ce vendredi à Besançon. Ils travaillent dans les EHPAD, les centres de soins, ou à domicile, et vont battre ensemble le pavé pour dénoncer un manque de moyens. Premiers concernés par cette insuffisance, les résidents.

Le personnel du grand âge est en grève ce jeudi à Besançon, la manifestation doit partir du centre de long séjour de Bellevaux - Photo d'illustration
Le personnel du grand âge est en grève ce jeudi à Besançon, la manifestation doit partir du centre de long séjour de Bellevaux - Photo d'illustration © Maxppp -

Franche-Comté, France

Le personnel des EHPAD va battre le pavé cet après-midi à Besançon, avec un départ groupé à 14h devant le centre de long séjour de Bellevaux. Derrière ce mouvement de grève du personnel du grand âge, se pose la question du traitement réservé aux personnes âgées. Les premiers concernés, ce sont les résidents et leur famille et beaucoup dénoncent une dégradation de la prise en charge de ces personnes démunies.

C'est le cas de Sylvie Molard. En 2016, sa mère est admise au centre de long séjour de Bellevaux. Elle y passera, 1 mois avant de mourir. Sylvie garde de ce séjour, un très mauvais souvenir. 

"C'était un paquet, elle n'est pas partie dignement"

En cause, des incidents dont elle a été témoin : "Je vais pour plier son pantalon sur le fauteuil, et je sens le pantalon tout mouillé dans l'entre-jambe... c'était de l'urine et si je n'avais pas été remettre son pantalon correctement, elle le remettait, séché d'urine" raconte Sylvie. Ca c'était il y a 2 ans, depuis des améliorations ont été faites, notamment dans les chambres des résidents et par la mise en place d'enquêtes de satisfaction avec des actions correctives. Mais certains problèmes persistent. C'est ce que remarque Martine qui vient deux fois par semaine rendre visite à sa mère. Un manque de personnel criant en début d'après-midi par exemple : "il faut bien que [le personnel mange], vous pouvez sonner, j'ai déjà vu, 3/4 d'heure pour avoir quelqu'un, pour me la changer de fauteuil, pour me la mettre dans un fauteuil roulant" regrette Martine.

Ni Sylvie, ni Martine n'entendent remettre en cause la volonté des aides soignantes, qu'elles soutiennent dans leur combat. Pour ces Franc-Comtoises, la faute revient surtout au manque de personnel. Même ressenti du côté du personnel. Les aides-soignantes et les infirmiers se sentent stressés et surmenés selon Cyndie Guevelou, représentante de l'Unsa à Bellevaux. "Il faudrait qu'on s'occupe d'une personne en 1/4 d'heure si on regarde au prorata du nombre de résidents qu'on a par soignant". Sauf que les tâches sont nombreuses : désinfection, toilette, habillage, et maquillage parfois, du coup certaines tâches passent à la trappe comme la discussion. "Je n'arrive pas à comprendre qu'on puisse laisser ces personnes sans moyen, sans rien", regrette Cyndie Guevelou

"Ils sont en maison de retraite pour finir leur jours normalement dignement, mais là avec le manque de personnel, c'est pas possible"

A cela s'ajoute le fait que ce métier a dû mal à attirer. C'est le serpent qui se mord la queue. Les directeurs d'EHPAD voudraient bien pouvoir recruter, mais encore faut-il trouver des personnes qualifiées. En cause, les conditions de travail et le salaire. "Les postes d'aide-soignant sont des postes à flux tendus" note Laurent Mouterde, directeur du centre de long séjour de Bellevaux. Or la formation, cela revient à la région. "Il faudrait que le conseil régional augmente le nombre d'élèves, ce qui permettrait d'avoir des personnes qualifiées, et puis peut-être derrière revoir la grille de la fonction publique".

La dépendance, c'est donc un réel casse-tête social et financier. Car si les familles payent environ 2.000 euros par mois la chambre. Le coût total de la dépendance se chiffre à 22 milliards d'euros par an en France. Face à cette situation, le département du Doubs débloque cette année 10 millions d'euros pour moderniser les établissements. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, annonce elle 50 millions, pour toute la France, pour accompagner les EHPAD en difficulté. Pour Philippe Gonon, la question de la dépendance et des EHPAD, "ce sont des choix politiques, ce sont des choix de société fondamentaux". Le conseiller départemental et président du Conseil de surveillance de Bellevaux est catégorique : "Il faut faire ces choix, et rapidement parce que le vieillissement de la population, c'est une réalité d'aujourd'hui et pas dans 10 ans". Car si aujourd'hui, les plus de 80 ans représentent moins de 5% de la population totale en France, ça sera le double d'ici 40 ans selon l'Insee