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"On est lessivé", témoignage d'une sage-femme en grève en Alsace

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Les sages-femmes sont à bout et sont en grève depuis ce vendredi 24 septembre et jusqu'à ce dimanche partout en France pour demander une revalorisation salariale et de meilleures conditions de travail. Une nouvelle journée de mobilisation est programmée le 7 octobre à Paris. Témoignage en Alsace.

Une manifestation de sages-femmes, Place Kléber, à Strasbourg le 5 mai 2021. Une manifestation de sages-femmes, Place Kléber, à Strasbourg le 5 mai 2021.
Une manifestation de sages-femmes, Place Kléber, à Strasbourg le 5 mai 2021. - Emilie Beau

Émilie assure qu'elle aime encore son travail mais avoue ressentir de plus en plus "un mal être" au moment d'enfiler sa blouse. Sage-femme depuis plus de quinze ans aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, elle est en grève encore une fois pour les mêmes raisons : un meilleur salaire, de meilleures conditions de travail et surtout "être valorisée pour ce que l'on fait."

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Revaloriser la profession

Souvent présentées comme "les grandes oubliées" du Ségur de la santé , les sages-femmes ont appris jeudi 16 septembre que leur salaire allait être revalorisé de 100 euros brut par mois. Une prime de 100 euros s'y ajoute. Deux annonces du ministre de la Santé, Olivier Véran, qui interviennent comme un rattrapage des augmentations accordées à tous les personnels hospitalier. "Monsieur Véran nous a méprisées, souffle Émilie, assise sur son canapé, nous a dit qu'on faisait le plus beau métier du monde..."

"J'ai l'impression de ne pas être respectée dans mes compétences." - Émilie, sage-femme

Une expression devenue une ironie au vu du salaire des sages-femmes : 1.700 euros net par mois après cinq ans d'études et un travail très intense. "J'ai l'impression de ne pas être respectée dans mes compétences", réagit la Strasbourgeoise, qui intervient parfois de nuit. Des gardes vécues comme un marathon nocturne de douze heures pendant lesquelles elle prendra en charge jusqu'à trois femmes enceintes. 

Surcharge mentale

"Je cours partout, je cherche tels matériels qu'il n'y a pas, je passe du temps avec une patiente qui a des douleurs, tout en lui faisant croire qu'elle est la seule au monde et en ayant dans ma tête les trois autres patientes", résume Émilie. Un rythme soutenu qui s'accompagne par une baisse continuelle de moyens et de personnels. 

La sage-femme travaille maintenant à 80% depuis un an pour éviter un burn-out. Plusieurs de ses collègues sont sur le point d'en faire un et envisagent de changer de métier selon elle. "En prenant cette fatigue mentale et physique, on est lessivé...", grimace Emilie. Elle regrette que la profession se ternisse et attire de moins en moins.

En Alsace, en plus des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg et la clinique Rhéna, les établissements de Sélestat, Colmar et Mulhouse se joignent également au mouvement selon l’Organisation nationale syndicale des sages-femmes. La grève se prolonge jusqu'à dimanche mais les syndicats réfléchissent à la reconduire la semaine prochaine. 

Les accouchements seront évidemment pris en charge, mais les simples consultations et services non-urgents seront eux fermés.

Un mouvement de grève très suivi

Ce mouvement de grève national à l'appel de plusieurs organisations de sages-femmes pour la reconnaissance de leur profession est "très suivi" selon l'Organisation nationale syndicale des sages-femmes (ONSSF).

Caroline Combot, secrétaire générale de l'ONSFF, l'une des deux principales organisations syndicales de la profession assure que "plus de 50% des cabinets de sages-femmes libérales se sont signalés comme étant fermés ce week-end", soit "plus de 3.000 cabinets". Côté maternités, elle a fait état d'environ "150 maternités ayant 100% de grévistes avec des maternités privées qui ont fermé leurs portes et des réquisitions et assignations dans les maternités publiques".

Depuis le début de l'année, les sages-femmes sont déjà descendues cinq fois dans la rue pour réclamer reconnaissance et effectifs. Une nouvelle journée de mobilisation est d'ores et déjà programmée pour le 7 octobre à Paris.

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