Société

Les salariés de Tilly Sabco ont repris le travail

Par Bertrand Queneutte, France Bleu Breizh Izel lundi 9 mars 2015 à 18:31

Tilly Sabco
Tilly Sabco © Radio France - Bertrand Queneutte

Cela faisait neuf mois que plus aucun poulet ne sortait de l'entreprise d'agroalimentaire, à Guerlesquin, dans le Finistère. Reprise en décembre dernier par la société britannique MS Foods après avoir frôlé la fermeture, la société Tilly Sabco relance son activité d'abattage de volailles.

Au moment de débaucher, l'émotion est trop forte. Devant l'usine, une salariée essuie quelques larmes. A 57 ans, Pascale entame sa 37ème année chez "Tilly", dans l'atelier de conditonnement. Pour elle, comme pour tous ses collègues, ce jour de reprise est "une victoire ". "Ca fait du bien , dit-elle, d'avoir fait sa journée de travail ".

Tilly Sabco (SON)

A ses côtés, Corinne Nicole ne cache pas non plus sa satisfaction. Chauffeur depuis 15 ans dans l'entreprise, celle qui est aussi déléguée CGT du personnel nous confie qu'elle a aujourd'hui le sentiment de "revivre ", et même de "renaître ". 

"Ca fait du bien d'avoir fait sa journée de travail"

Au bord de la fermeture il y a moins d'un an, la société bretonne est finalement parvenue à rester debout et à relancer le coeur de son activité: l'abattage de poulets. Interrompue en juillet dernier, l'activité a redémarré ce lundi matin. Une bonne nouvelle pour les quelques 200 salariés conservés par le repreneur anglais MS Foods, allié au fond d'investissements Breizh Algae Invest et à la Chambre de Commer et d'Industrie de Morlaix.

Renvoyés chez eux depuis plusieurs mois, les salariés présents ce lundi affichent, eux aussi, de larges sourires et une grande satisfaction. Celle notamment "d'entendre de nouveau du bruit dans l'entreprise ": celui des machines, mais également des collègues, parce que "passer dans des locaux vides, ce n'était pas très intéressant , confie Didier Garion, délégué CFDT du personnel.

Tilly Sabco (ENRO)

Les semaines passées ont été longues et dures à vivre. Certains salariés sont restés plusieurs mois chez eux ; quatre au minimum. "On s'est longtemps demandé si on allait y arriver, si l'usine allait redémarrer. Pour nous, c'est une victoire ", ajoute Pascale. Eric aussi est heureux: "ça aurait pu être pire, tant on voit d'usines mettre la clef sous la porte, en ce moment ".

50 000 poulets abattus par jour, pour le moment.

Pour l'heure, le volume de production est réduit avec seulement 50.000 poulets abattus chaque jour. C'est suffisant pour redonner de l'espoir, mais c'est encore loin des 300.000 abattus quotidiennement autrefois. Ainsi, sur les 200 salariés conservés par le repreneur, quelques 120 ont repris le travail, ce lundi, répartis sur les ateliers d'accrochage, d'éviscération, de conditionnement ainsi que pour le transport de la marchandise. Pour la première journée, cinq camions sont partis avec, à bord, plus de 9.000 poulets chacun.

Les autres salariés suivent toujours des formations, en informatique, hygiène, qualité, maintenance mais aussi anglais. Des formations continues qui ont d'ailleurs été dispensées à l'ensemble des employés durant les derniers mois d'inactivité, personnel administratif mais également personnel de production. Des cours qui ont aussi permis à tout le monde, durant la période d'inactivité, de se retrouver et de continuer de se serrer les coudes, dans les moments difficiles. 

Sur les 120 autres qui n'ont pas été conservés par le repreneur britannique, 108 ont aujourd'hui dit oui à la cellule de reclassement, afin de mener des projets de formation ou de chercher tout de suite un nouvel emploi.