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Dossier : Coronavirus

Pas assez de masques, aucune anticipation : les syndicats de l'hôpital de Châteauroux en colère

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Par , France Bleu Berry, France Bleu

Les syndicats de l'hôpital de Châteauroux dénoncent l'absence d'anticipation face à l'épidémie de Covid-19. Ils évoquent également un manque d'empathie et de soutien à l'égard des équipes.

L'hôpital de Châteauroux est mobilisé face à l'épidémie de Covid-19
L'hôpital de Châteauroux est mobilisé face à l'épidémie de Covid-19 © Radio France - Manon Klein

"Le maître-mot, c'est l'anticipation". Sur notre antenne, la directrice du centre hospitalier de Châteauroux-Le Blanc a estimé que l'anticipation avait permis de faire face à la vague de l'épidémie de Covid-19. Une affirmation qui a fait bondir au sein de l'ensemble du personnel hospitalier, selon les syndicats. Sud Santé, Force ouvrière et la CGT ont tenu à donner leur point de vue. 

Les collectifs nés d’un an de lutte à l’hôpital (inter-Urgences, Inter-Blocs et Inter-Hôpitaux) ainsi que les syndicats à une mobilisation nationale le 16 juin. "Les applaudissements, c'est bien mais maintenant c'est fini. On espère qu'il y aura du monde dans la rue pour nous soutenir. Les belles paroles pour endormir les enfants, ça suffit. Nous sommes des adultes responsables, il faut arrêter les effets d'annonce et mettre en place du concret, nous ne voulons pas "un retour à l'anormal" post Covid", explique Emmanuel Laibe, délégué Sud Santé à l'hôpital de Châteauroux.

Pas assez de masques au début de la crise 

"On ne peut pas parler d'anticipation, ce n'est pas vrai. On a manqué de masques au départ", assure Karine Jouhanneau, déléguée CGT à l'hôpital de Châteauroux. "Le 16 mars, on a eu un CHSCT et le port du masque n'était pas encore généralisé. Le week-end, dans des services, on a dit à des soignants que ce n'était pas la peine de mettre des masques", poursuit-elle. Karine Jouhanneau évoque aussi "des masques trop grands, qui tiennent à peine et qui sentaient le moisi".

Dans une note d'information publiée le 17 mars, premier jour de confinement, la direction informe le personnel qu'il est "recommandé le port systématique d'un masque chirurgical dans les services suivants : accueil des urgences, hospitalisation de courte durée, gynécologie-obstétrique, réanimation, pneumologie, oncologie et hématologie". Dans les autres services, il n'y a pas de consignes aussi strictes. "On n'avait pas assez de masques, on savait très bien qu'il fallait les économiser", souligne Ludovic Meunier, de Force Ouvrière.

Selon les syndicats, des brancardiers amenés à transporter des patients contaminés dans des unités Covid n'avaient que des masques comme protection. D'où un sentiment parfois "d'insécurité".

"Un manque d'empathie" après le décès d'une aide-soignante

Les syndicats se disent également choqués par les propos de la directrice du centre hospitalier de Châteauroux-Le Blanc au sujet du décès d'une aide-soignante de 48 ans, qui avait été contaminée par le Covid-19. "Concernant le décès de cette patiente, je serais très prudente. On ne décède pas forcément aussi du Covid-19. Elle en était atteinte au tout début", avait dit Evelyne Poupet, exprimant sa prudence "par respect pour la famille".

"On ne sait pas si c'est de la maladresse mais on a trouvé que la directrice avait très peu d'empathie vis-à-vis de notre collègue. Avoir ce sentiment pour elle, aurait été largement suffisant", explique Karine Jouhanneau. "Je ne pense pas que ce soit du mépris mais de la protection mal placée", ajoute Ludovic Meunier, de FO.

Des primes de 1 500 euros pour tout le corps hospitalier à Châteauroux ?

Enfin, c'est aussi le nerf de la guerre : la question de la rémunération dans les hôpitaux. Des primes allant de 500 à 1 500 euros vont être versées aux soignants. Les primes de 1 500 euros devraient concerner les 40 départements les plus touchés par le Covid-19, ce n'est pas le cas de l'Indre. "Les personnels sont épuisés. Pendant deux mois, ils se sont sentis seuls. J'espère que la directrice de l'hôpital de Châteauroux va faire remonter à l'ARS qu'il faut une prime de 1 500 euros généralisée. Tout le monde a été impacté. Ces primes créent de la discorde et ce n'est pas bon", insiste Karine Jouhanneau. 

"Nous ce qu'on demande, c'est une augmentation salariale de 300 euros par mois toutes grilles indiciaires confondues. Et encore, si on voulait revenir à la moyenne de l'OCDE, par exemple pour une infirmière, ça devrait être 450 euros. Et puis il faut arrêter les fermetures intempestives de lits et embaucher en nombre", conclut Emmanuel Laibe, délégué Sud Santé à l'hôpital de Châteauroux.

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