Société

Les tempêtes s'enchaînent sur le littoral atlantique

Par Mikaël Roparz, France Bleu mardi 11 février 2014 à 18:22

Très forte houle à Larmor-Plage
Très forte houle à Larmor-Plage © Mikaël Roparz-Radio France

Dirk, Petra, Qumaira, Ruth, Stéphanie, Ulla, depuis Noël, les tempêtes se succèdent sur le littoral atlantique. La mer se déchaîne, le littoral recule.

Depuis le 15 décembre, cinq épisodes significatifs d'intempéries ont été recensés en Bretagne par la direction interrégionale Ouest de Météo-France à Rennes, selon un rapport provisoire. "On ne décèle pas d'évolution significative du nombre d'événements tempétueux depuis 1950, mais une grande variabilité d'une année sur l'autre ", assure le service études et climatologie. "En termes de fréquence et d'intensité de tempêtes, on reste pour l'instant très loin de la période de référence de janvier et février 1990 ", quand une dizaine de tempêtes majeures s'étaient abattues sur la région, souligne l'organisme. En revanche "les submersions marines répétées lors des grandes marées de début janvier et début février 2014 peuvent d'ores et déjà être considérées comme exceptionnelles ".

Début février, l'île de Sein a connu un spectacle "dantesque ". La gare maritime a été "défoncée " par des paquets de mer "énormes" a raconté le maire de l'île de Sein, Jean-Pierre Kerloc'h. 

En Vendée, une partie du quai du port des Sables-d’Olonne s'est effondré à cause des forts coefficients de marée. 

Le quai des Sables d'Olonne après la grandes marée

Des vagues impressionnantes 

Des vagues de plus de 19 m ont été enregistrées aux Pierres noires, au large du Finistère lors du passage de la tempête Pétra. Les vagues les plus hautes jamais mesurées par satellite proviennent de la tempête Quirin, survenue en février 2011 dans l'Atlantique nord. La vague moyenne la plus haute mesurait 20,1 m ! La plus haute mesurait probablement plus de 36 m de haut, c'est à dire un immeuble de 12 étages !

Le littoral recul 

Avec la houle et ces tempêtes à répétition, le littoral souffre. En métropole, quelque 43,6 % du littoral restent stables mais 24,2% subissent une érosion, et 43,8% des côtes sableuses reculent, soit 1.150 km, selon le ministère de l'Ecologie. Cela peut même dépasser 70% dans le Pas-de-Calais et pour les falaises de craie de Seine-Maritime.

Erosion marine la plus forte en Gironde

Sur le littoral aquitain, le trait de côte a reculé en de nombreux points de 10 mètres ou plus selon un rapport l'Observatoire de la Côte Aquitaine. Selon la base de données BOBWA qui rescence les conditions de vague dans le Golfe de Gascogne entre 1958 à 2002, la proportion de vagues de plus de 4 m sur une telle période (26 jours) atteint occasionnellement 40%, ponctuellement 50% (3 fois en 44 ans), mais jamais plus de 55%. C'est en Gironde que l'érosion marine a été la plus forte avec le creusement de hautes falaises sableuses, la destruction d'accés de plage et des ouvrages côtiers altérés (promenades, enrochements). 

En Bretagne, selon le Conservatoire du littoral, la tempête du premier week-end de février, associé à un très fort coefficient de marée (114) a engendré un recul de plusieurs mètres de toutes les côtes meubles sur la côte nord de la région. Même chose dans le sud Finistère, où les dunes ont encore une fois reculé, notamment à La Torche, Combrit. 

La dune du Treustel à Combrit - Radio France
La dune du Treustel à Combrit © Radio France - Jérôme Cadet

Quelque 370 km de côtes sont affectées par l'accumulation de sédiments qui fait au contraire reculer la mer. C'est le cas de la baie de Somme et des deux tiers des côtes dites vaseuses, baies, estuaires et marais littoraux.

Début février, le ministre de la Mer, Frédéric Cuvillier, a annoncé des mesures destinées à planifier les futurs déplacements d'activités et de biens exposés le long des côtes françaises au risque croissant d'inondations et de submersion dans les années à venir. Un état des lieux va être réalisé. 

Avec ces tempêtes à répétition, plusieurs milliers d'oiseaux marins ont été retrouvés morts sur tout le littoral atlantique. Ces animaux sont morts épuisés par les forts vents mais aussi à cause des dégazages en mer.