Société

"Les Terrifortains sont des résistants" : Hugues Besancenot, futur ex-préfet du Territoire de Belfort

Par Soline Demestre, France Bleu Belfort-Montbéliard mardi 3 octobre 2017 à 11:28

Hugues Besancenot aura passé 15 mois à la préfecture du Territoire de Belfort
Hugues Besancenot aura passé 15 mois à la préfecture du Territoire de Belfort © Radio France - Sébastien Germain

Hugues Besancenot quitte la préfecture du Territoire de Belfort ce vendredi, seulement 15 mois après sa nomination. Il devient directeur de l'immigration à la direction générale des étrangers en France. Avec lui on fait le bilan de son passage dans le département.

On a appris votre départ il y a à peine une semaine. Ça s'est fait très vite. Ça a été une surprise pour vous aussi ?

Hugues Besancenot : Quand on passe 15 mois dans un département et qu'on apprend qu'on est nommé en administration centrale, ça paraît toujours très court de n'y avoir passé que 15 mois. Je ne suis malgré tout pas vraiment surpris parce que j'ai la connaissance du métier et des questions d'immigration. C'est une des raisons pour lesquelles j'ai pu être nommé à Paris sur ce poste là.

L'Asssemblée Nationale s'apprête à voter en première lecture le projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, qui prévoit d'inscrire dans le droit commun des mesures de l'état d'urgence (qui sera levé le 1er novembre). Est-ce une bonne chose selon vous ?

Hugues Besancenot : Le fait de légiférer sur les questions de sécurité intérieure et de lutte contre le terrorisme, ça va permettre de pérenniser les mesures qui vont permettre de contrôler, de veiller, de renforcer la sécurité contre les terroristes. L'état d'urgence, c'étaient des mesures temporaires qui ont été renouvelées six fois au cours des 23 derniers mois. Je pense que le fait de légiférer, de mettre un cadre au sein de l'Etat de droits était une nécessité.

Pensez-vous qu'il va falloir s'habituer à vivre avec la menace terroriste ?

Hugues Besancenot : Le risque terroriste est permanent. Il peut toucher partout. Il est extrêmement dangereux et difficilement maîtrisable par la nature des actes qui sont commis, on l'a vu à Marseille avant-hier et dans d'autres attentats. A Belfort, des personnes ont été interpellées parce qu'elles étaient soupçonnées de préparer des actes de terrorisme. Ça prouve bien que même un département de 148 000 habitants et une ville d'un peu plus de 50 000 habitants peuvent être menacés par ce type d'actes. Donc il est extrêmement important d'avoir des dispositifs permettant d'assurer de meilleurs contrôles. C'est ce que la loi va prévoir et les préfets auront ainsi les moyens, avec la justice, d'agir préventivement.

Combien de personnes ont été signalées pour radicalisation dans le Territoire de Belfort ?

Hugues Besancenot : Il y a une cinquantaine de personnes repérées, identifiées et que nous suivons activement.

Vous étiez aussi en charge du maintien de la sécurité au quotidien. Vous venez de mettre en place de nouvelles mesures de lutte contre les cambriolages ?

Hugues Besancenot : L'année 2017 est marquée par une recrudescence de cambriolages notamment en zone gendarmerie, surtout le long des grands axes routiers. Ce sont des personnes qui se déplacent très rapidement d'un département à l'autre. Avec le commandant de groupement de gendarmerie, on a mis en place un plan opérationnel depuis le 1er octobre, qui renforce la présence de la gendarmerie sur le Territoire de façon imprévisible sur l'ensemble du département.

Parmi les dossiers que vous avez eus à gérer, il y a aussi l'accueil des migrants. Où en est-on aujourd'hui ?

Hugues Besancenot : Il y a cinq ans, il y avait 100 places d'accueil pour les migrants, notamment les demandeurs d'asile. Nous sommes aujourd'hui à 344 places. Ça montre bien que le Territoire de Belfort est une terre d'accueil. Il y a encore des besoins. Nous travaillons avec les services de l'Etat compétents pour voir si on ne peut pas rajouter encore un certain nombre de places, mais je crois que nous avons déjà bien rempli notre objectif d'augmenter les places d'accueil.

Quels souvenirs garderez-vous de votre passage dans le Territoire de Belfort ?

Hugues Besancenot : J'ai vraiment aimé le Territoire de Belfort. J'ai deux souvenirs : un souvenir triste et brutal, le 7 septembre 2016, le directeur d'Alstom qui m'appelle et qui me parle de la fermeture de l'atelier, et puis un souvenir beaucoup plus agréable, la beauté des paysages, le patrimoine architectural magnifique. Il faut se battre pour conserver ce patrimoine. Et puis il y a une qualité que les Terrifortains ont, c'est d'être des résistants, ils l'ont prouvé en 1871, ils l'ont prouvé aussi en 2016-2017.