Société

Les travailleurs sociaux du Nord contre la fermeture de 119 places d'internat pour les enfants en difficulté

Par Rafaela Biry-Vicente, France Bleu Nord mardi 26 janvier 2016 à 17:35

© Maxppp - Michel Constantin

La CGT et la CFDT de l’Etablissement Public Départemental de Soins, d'Adaptation et d'Education du Nord se rassemblent contre la baisse du budget de 15% en 3 ans avec la fermeture de 119 places d'internat.

Nouvelle mobilisation des travailleurs sociaux mardi à Lille, à l’appel de la CGT et de la CFDT. Ils ont manifesté devant l’Etablissement Public Départemental de Soins, d'Adaptation et d'Education, une des trois structures du Nord, financées par le conseil départemental, qui gère la protection de l'enfance (ex DDASS)

Les 1800 salariés dénoncent une baisse de 15%  du budget d'ici 3 ans, soit 11 millions d'euros en moins. Conséquence inadmissible selon les syndicats la fermeture de 119 places en internat sur les 659 actuelles.

Plus de prévention pour moins de placements 

Des places en internat remplacées par 220 mesures de prévention avec un accompagnement renforcé au sein des familles. Il prend d’ailleurs exemple sur les trois Services de Soutien Educatif Enfants Parents à domicile du Nord. « A petits Pas »

L'équipe plurisdisciplinaire du centre "A Petits Pas" avec des jeunes parents - Radio France
L'équipe plurisdisciplinaire du centre "A Petits Pas" avec des jeunes parents © Radio France - Rafaela Biry-Vicente

Et puis le centre propose aussi un accompagnement pendant la grossesse, pour que les mamans prennent conscience de la fragilité de leur bébé. Et ça fonctionne, par exemple Céline n’a pas réussi à gérer l’arrivée de sa première fille qui a du coup été placée. Alors pour garder ses deux autres enfants, elle a décidé de venir au centre «A Petits Pas » où elle reprend confiance. Ses enfants évoluent bien, assure-t'elle, confortée par l'équipe.

Selon Maxime Cabaye, le président de l’EPDSAE, 80% des enfants placés ne sont pas des urgences liées à des violences physiques ou sexuelles. Mais ils sont victimes de carences éducatives, qui peuvent être traitées en amont avec les parents. Il veut donc renforcer l’action à domicile, qui coûte presque trois fois moins cher que les internats.

Celui de Denain fonctionne depuis 2010. L'équipe pluridisciplinaire (éducateur, aide puéricultrice, psychologues...) se déplace au moins une fois par semaine au domicile des volontaires qui ont des difficultés dans leur rôle de parents sur les « petites » choses du quotidien. Les professionnels les conseillent donc sur les repas, les courses, le coucher.

La prévention n'est pas toujours possible s'inquiète les syndicats

Mais dans le Valenciennois où la moitié des places d’internat vont fermer , alors que les syndicats en réclament déjà une cinquantaine en plus, les professionnels expliquent qu’évidemment la prévention est une très bonne chose, mais qu’elle n’est pas toujours possible même pour les carences éducatives. 

Certaines fois, il s’agit de violences psychologiques qui peuvent fortement "abîmer" les enfants s’il n’y a pas de séparation, même de courte durée avec les parents, affirment les syndicats. Abdé Benani, éducateur à Artres, craint de nombreuses dérives de ces enfants : " repli sur soi,   délinquance, échec scolaire, fuite vers les mouvements religieux extrémistes".

reportage avec les travailleurs sociaux du Valenciennois

Les syndicats dénoncent aussi la fermeture d'appartement en semi autonomie pour les jeunes majeurs liés à cette baisse de budget.