Société

Les universités bordelaises épinglées pour sexisme par un nouveau site internet

Par Thomas Coignac, France Bleu Gironde lundi 16 janvier 2017 à 4:00

Sale temps pour l'université, épinglée pour sexisme
Sale temps pour l'université, épinglée pour sexisme © Radio France - Thomas Coignac

La page "Paye ta fac", sur le réseau social Tumblr, recueille des témoignages d'étudiantes victimes de propos sexistes qui vont même, parfois, jusqu'au harcèlement sexuel. Les universités bordelaises ne sont pas épargnées, et Bordeaux Montaigne a même réagi par la voix de sa présidence.

Sur la toute jeune (lancée le 22 décembre dernier) page Tumblr "Paye ta fac", certains témoignages font douter d'être en 2017. Pourtant, elles émanent, pour la plupart de professeurs d'université. A l’initiative du projet, des étudiants en Master Stratégie du développement culturel de l’université d'Avignon. Ils ont choisi de créer la page sur le modèle de "Paye ta schneck", qui dénonce les comportements dans l'espace public, "Paye ta robe", sur le milieu judiciaire, ou encore "Paye ta blouse" à l'hôpital. Et ce qui devait au départ être un simple projet étudiant s'est transformé en un véritable lanceur d'alerte, relayé par de nombreux médias.

C'est ce témoignage (ci-dessus) en particulier qui a fait réagir l'Université Bordeaux Montaigne. Sa présidente, Hélène Velasco-Graciet s'est fendue d'un communiqué, publié sur les réseaux sociaux. Elle dénonce des "agissements intolérables" et rappelle l'existence d'une cellule de veille contre le sexisme et l'homophobie, mise en place en 2014, dans ce qui était encore l'université Bordeaux 3. Pour elle, "il y a une omerta concernant les rapports entre professeurs et étudiants". Pourtant, malgré trois ans d'existence, cette plateforme, dirigée par l'infirmière de l'université, n'a enregistré qu'une trentaine de cas. La plupart d'entre eux se règlent "en famille", avec une simple mise au point avec l'étudiant ou le professeur concerné. Alors, effet dissuasif, réduisant le nombre de cas, ou peur de dénoncer. En tout cas, Marie, du Collectif de lutte des étudiantes féministes (Clef) dénonce des incidents récurrents.

Marie, du Collectif de lutte des étudiantes féministes : "Réaliser que c'est anormal"