Société

Les Universités crient famine

Par Anthony Raimbault, France Bleu Paris Région mercredi 4 mars 2015 à 19:54 Mis à jour le jeudi 5 mars 2015 à 5:00

Plus que jamais, les universités doivent se serrer la ceinture (illustration)
Plus que jamais, les universités doivent se serrer la ceinture (illustration) © Maxppp

Enseignants, étudiants et personnel administratif des facs sont appelés à faire grève ce jeudi. Tous dénoncent un manque de moyens dans les Universités. Un mouvement qui fait l’unanimité : les présidents des sites parisiens sont solidaires. Un rassemblement est prévu cet après-midi à Paris devant le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

Le flou total. En temps normal, les universités reçoivent au mois de décembre un document qui indique le montant des subventions versées par l’Etat. Cette année… toujours rien ! Les facs ne pouvaient pas attendre, elles ont donc construit un budget en misant sur un maintien des dotations de 2014. C’est un coup de poker. Le gouvernement cherche à faire des économies et si finalement les sommes versées baissent, des facs se retrouveront dans le rouge. 

« On n’a pas de tables, on n’a pas de chaises faute de budget. Les crédits nous permettent de survivre, à peine !» Danielle Tartakowsky, présidente de Paris VIII

Même les présidents d’universités, d’ordinaire très mesurés, haussent le ton. Une nouvelle baisse des dotations serait «suicidaire » juge l’un d’eux. Pour Jean-Loup Salzmann, président de Paris XIII et président de la Conférence des présidents d'université, les comptes sont déjà à la limite  :

«  On recule les grosses maintenances, les mises en sécurité. C’est le genre de dépense que l’on peut retarder d’un an ou deux ans, alors que les dépenses de personnel sont obligatoires. »

Sur internet, un tumblr (sorte de micro-blog) a été créé pour dénoncer l’insalubrité des facs. Il est alimenté par des photos d’étudiants et d’enseignants.

« On voit des profs faire cours en bonnets et gants parce qu’il fait trop froid dans les amphithéâtres »Une étudiante de Paris XI

Le manque de moyens se traduit aussi par du personnel de plus en plus précaire. Selon les syndicats enseignants, 33% des effectifs des facultés sont des contractuels.  Depuis sept semaines, une partie des employés de certaines universités parisiennes sont en grève. Ils réclament une hausse de salaire. Un peu partout, des postes sont gelés alors que le nombre d'étudiants augmente . Selon Frédéric Erard, enseignant à Paris III et représentant CGT, cette course aux économies a déjà des conséquences sur la qualité des formations : 

"Avant, on faisait des TD avec un groupe de 20 élèves. Aujourd'hui, ils sont 40 ou 50 pour éviter de doubler les cours. On va vers quelque chose au rabais"

 

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