Société

Les victimes de l'amiante demandent justice au pied de la tour Montparnasse à Paris

Par Faustine Calmel, France Bleu Paris vendredi 13 octobre 2017 à 18:00

Des victimes de l'amiante manifestent au pied de la tour Montparnasse à Paris
Des victimes de l'amiante manifestent au pied de la tour Montparnasse à Paris © Radio France - Faustine Calmel

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté ce vendredi au pied de la tour Montparnasse à Paris pour dénoncer le silence autour des victimes de l'amiante et les décisions judiciaires de ces derniers mois. Parmi elles, d'anciens salariés de l'usine Alstom de Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis.

Ils sont venus en transports en commun, au pied de la tour Montparnasse, bâtiment devenu, après la tour de Jussieu, emblématique du problème de l'amiante. Plusieurs anciens salariés d'Alstom à Saint-Ouen ont décidé de soutenir la manifestation nationale des victimes de la fibre cancérogène. Eux dont la justice a reconnu au printemps qu'ils étaient victimes d'un "préjudice d'anxiété" ne veulent pas en rester là.

Des décisions judiciaires contestées

Aux côtés de l'Andeva (Association nationale des victimes de l'amiante) ils contestent la décision de la cour d'appel de Paris qui le mois dernier a annulé la mise en examen de responsables nationaux dans deux affaires, celle du campus parisien de Jussieu, et celle des chantiers navals Normed de Dunkerque dans le Nord. "C'est un permis de tuer décerné à tous les industriels qui pourraient exposer des salariés à des risques dont les effets vont être différés", estime Bernard Balestri, ancien d'Alstom et animateur de l'association des salariés de l'usine de Saint-Ouen. "On protège ces industriels. Aujourd'hui c'est très à la mode de dire qu'il ne faut pas porter atteinte à la bonne marche des entreprises. Cela va jusqu'à accepter qu'il y ait des morts, des gens exposés à des produits chimiques qui permettent de diminuer les coûts".

Encore des morts à venir

Aujourd'hui une dizaine d'anciens salariés de l'usine Alstom de Saint-Ouen sont décédés. "C'est une épée de Damoclès au-dessus de ma tête" explique Gilbert qui a travaillé pendant 30 ans au bobinage, maniant de l'amiante sans protection. Selon les autorités, qui imputent à l'amiante 10% à 20% des cancers du poumon, l'exposition à la fibre pourrait provoquer jusqu'à 100.000 décès dans les huit ans qui viennent. Et pour Bernard Balestri, cela pourrait aller encore plus loin, "aujourd'hui il y a 80 kilos par habitant d'amiante en France, en particulier dans les écoles. Si on ne fait rien ce drame risque de se poursuivre".