Société

Les zadistes quittent la colline de Las Rébès à Montpellier

Par Romain Berchet, France Bleu Hérault et France Bleu samedi 3 septembre 2016 à 20:02

Toutes les affaires sont regroupées au milieu du site sur la colline de Las Rébès
Toutes les affaires sont regroupées au milieu du site sur la colline de Las Rébès © Radio France - Romain Berchet

Les opposants à la destruction du parc d'un hectare ont décidé de s'auto-évacuer. Ils occupaient la colline de Las Rébès depuis plus de quatre mois. Après le viol d'une jeune femme sur le site, le maire de Montpellier avait demandé aux forces de l'ordre d'intervenir au plus vite.

Les zadistes ne seront plus sur la colline de Las Rébès à Montpellier. Ils ont décidé de leur auto-évacuation après une assemblée générale. Ils occupaient illégalement le site depuis plus de quatre mois. Les zadistes dénoncent la destruction de ce parc d'un hectare. Dans cette zone, la mairie, via l’office HLM ACM veut construire 63 logements sociaux.

Depuis le viol d'une jeune femme sur le site la semaine dernière, la situation était devenue intenable. "Nous avons reçu des menaces, des insultes. Même si les zadistes n'ont rien à voir avec cette affaire de viol, le climat dans le quartier était tendu", souligne Anne-Lise du collectif pour la défense du site.

"L'histoire du viol a eu de lourdes conséquences sur notre mouvement. Les habitants du quartier ont commencé à en avoir ras-le-bol de la ZAD."

D'ailleurs 70 habitants ou riverains de Zone à défendre ont signé une pétition. Ils se disent "excédés par les nuisances et autres troubles à l'ordre public qu'ils subissent". Chams Mechri partage ce point de vue. La Zone à défendre avait trop changé depuis plusieurs semaines selon le médiateur du quartier Las Rébès. "Le site n'était plus un espace de discussion. C'était devenu un véritable espace de trafic en tout genre" précise Chams Mechri.

"La ZAD n'était plus du tout un espace de discussion. Après le dramatique viol d'une jeune femme, les habitants ont estimé que c'était la goutte d'eau qui faisait déborder le vase."

Il ne reste plus grand chose sur le site de la ZAD - Radio France
Il ne reste plus grand chose sur le site de la ZAD © Radio France - Romain Berchet

En conférence de presse vendredi, le maire de Montpellier Philippe Saurel a annoncé que la société de gestion des logements sociaux allait porter plainte contre l'occupation illégale du terrain, qui selon lui, est à l'origine de troubles à l'ordre public. Des propos qualifiés de "scandaleux" par les zadistes .

"Philippe Saurel se sert de ce drame pour nous mettre à la porte. Il n'attendait que ça pour évacuer le site." Anne-Lise, membre du collectif contre la destruction du parc.

L'ambiance autour de la ZAD était devenue intenable explique Anne-Lise

Les matelas et les tables ont été empilés à l'entrée de la ZAD - Radio France
Les matelas et les tables ont été empilés à l'entrée de la ZAD © Radio France - Romain Berchet

L'évacuation de la colline de Las Rébès ne change pas les plans du collectif. Les zadistes n'envisagent pas de baisser les bras : "bien au contraire", lance Paul. Ils se réuniront dans les prochaines semaines pour donner suite au mouvement.