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Société

Deux résistants racontent leurs souvenirs de la libération de Perpignan : "Le plus odieux, c'était la fin"

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Par , France Bleu Roussillon, France Bleu

Alors que l'on commémore les 75 ans de la libération de Perpignan, nous avons rencontré deux résistants présents à ce moment là. Ils ont partagé leurs souvenirs.

Roger Delonca, 95 ans, était à Perpignan au moment de la libération
Roger Delonca, 95 ans, était à Perpignan au moment de la libération © Radio France - Luc Chemla

Perpignan, France

20 août 1944. Les dernières troupes allemandes quittent la ville. Perpignan est libérée. Cependant, dès le 19 août, les Français en ont repris le contrôle après une journée émaillée d'affrontements entre les troupes allemandes, la milice du régime de Vichy et des résistants français. 

"Je suis la seule à avoir réagi de cette façon."

À ce moment-là, Josette Forgues-Torrent n'est pas encore dans Perpignan. Agée de 14 ans, cela fait déjà deux ans qu'elle est dans la Résistance. Ses parents sont également résistants mais, en mars 1944, son père est arrêté et déporté. Il meurt cette année là dans le camp de Flossenbürg, en Allemagne. Quelques jours avant la libération de Perpignan, elle suit sa mère partie monter un poste de secours dans un mas, sur la route de Prades. Josette se souvient d'une anecdote, vécue là-bas, qui l'a "profondément dégoûtée du genre humain".

Josette Forgues-Torrent se souvient d'une anecdote quelques jours avant la libération.

Alors qu'elles sont dans leur mas, un groupe d'hommes, se présentant comme résistants, arrive et leur assure qu'ils seront là pour les protéger. Le soir venu, alors qu'un camion allemand s'approche, "ils sont tous partis comme des lapins", raconte Josette. La mère et sa fille découvrent que c'est en réalité des résistants français qui sont à l'intérieur du camion. Ils sont venus pour libérer Perpignan.

Dans les jours qui suivent, Josette et sa mère rentrent à Perpignan. La ville est libérée, mais la jeune fille n'a pas la tête à la fête. "Je pense que je suis la seule à avoir réagi de cette façon. Tout le monde était content, chantait, mais moi, je survolais cela. J'attendais que mon père revienne pour faire la fête. Pendant deux ans, j'ai vécu la Résistance avec mon père, je le suivais partout. Je me suis dit qu'il allait revenir. Malheureusement, il n'est jamais revenu."

Josette Forgues-Torrent est entrée à 12 ans dans la résistance, par son père.  - Radio France
Josette Forgues-Torrent est entrée à 12 ans dans la résistance, par son père. © Radio France - Luc Chemla

Au même moment, Roger Delonca est lui aussi dans les rues de Perpignan. "C'était l'euphorie générale, on était redevenu français tout d'un coup." Autre figure de la Résistance, l'homme a 20 ans à l'époque. Né à Troyes, il est chassé de chez lui par les nazis en 1940. Le jeune homme s'installe alors à Perpignan, chez ses grands-parents, où il devient agriculteur au jardin Saint-Jacques. En octobre 1942, ses amis scouts le font entrer dans la Résistance. "Ça m'amusait, je ne pensais pas aux risques. On avait tous le même esprit de servir la France et se débarrasser des Allemands. C'était comme des urticaires, ça grattait partout."

"Des gens en ont profité pour jouer aux justiciers."

Pendant ses deux années de résistance, tout se passe chez son grand-père, mais surtout sous la cabane de son cochon, Lamélou. "Il a fait de la résistance sans le savoir, ce brave cochon. Sous sa maisonnette, on dissimulait les tracts, la presse, les armes..." Mais ce n'était pas les seules actions. "Mon premier fait de résistance a été de flanquer une bombe à la douane allemande. Ça a fait beaucoup de bruit. On a toujours fait beaucoup de bruit mais sans tuer."

La fête puis la vengeance

Entre 1942 et 1944, Perpignan vit sous l'occupation allemande. Assis dans son fauteuil, non loin de sa pipe, Roger se souvient. "À part les gens qui ont souffert de la faim,ça n'a pas été aussi dur que dans la première zone occupée. On suivait les événements, j'écoutais Radio Londres avec mon grand-père." Le 19 août, Roger participe à l'attaque contre les miliciens du régime de Vichy. Il raconte comment cela s'est passé.

Roger Delonca revient sur la libération de Perpignan.

Les premiers combats opposent les résistants français à la milice du régime de Vichy. Les troupes allemandes arrivent ensuite et tombent sur le groupe de résistants de Roger. Les derniers affrontements cessent le 20 août.

Libérée, la ville et la population revivent, mais "à un moment, les gens se sont mis à tondre les filles_. C'était_des vengeances personnelles, des gens en ont profité pour jouer aux justiciers et se débarrasser d'un voisin. Parmi eux, il  y avait des collaborateurs. Selon moi, le plus odieux, ça a été la fin de la libération."

Au lendemain de la libération, Roger Delonca est réquisitionné par l'armée pendant un an. Une fois la guerre terminée, il se reconvertit et devient transporteur chez un primeur. Il le restera jusqu'à sa retraite.

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