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Libérée des dealers, la cité des Oiseaux de Perpignan revit : "Ça fait cinq ans qu'il n'y a pas eu ce calme"

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Par , France Bleu Roussillon

Occupés depuis des années par des dealers, les bâtiments de la cité des Oiseaux, à Perpignan, ont retrouvé leur tranquillité. Les trafiquants ont été chassés par la police fin mai.

La cité des Oiseaux a retrouvé le calme depuis le départ des dealers, fin mai 2021.
La cité des Oiseaux a retrouvé le calme depuis le départ des dealers, fin mai 2021. © Radio France - Adrien Serrière

C'est un petit rien du quotidien qui change, cela dit, beaucoup de choses. Les habitants de la cité des Oiseaux, à Perpignan, peuvent de nouveau ouvrir leurs fenêtres la nuit sans être gênés par le tapage des dealers qui avaient installé un véritable supermarché de la drogue dans les bâtiments depuis des années et qui, s'ils n'étaient "pas méchants" de l'avis de beaucoup de résidents, pouvaient être "très, très dérangeants". 

Au terme d'une vaste opération de harcèlement de la zone menée par la police pendant plusieurs semaines, les dealers ont quitté les lieux autour de la fin mai, laissant derrière eux un calme inespéré. "On a presque l'impression d'être dans un quartier résidentiel", savoure Fatia. Elle habite les lieux depuis près de deux ans et a "failli partir" à cause des nuisances causées par les jeunes dealers. 

Une cohabitation impossible

"C'était invivable", se souvient Sabine, une voisine. "Le soir, il fallait faire attention, on avait peur pour les enfants." Elle garde notamment en mémoire "les courses poursuites en voiture avec la police". Pour beaucoup, au-delà de l'insécurité, c'est surtout le bruit qui posait problème et qui a fait partir certains locataires. "Écoutez ! Les oiseaux qui chantent, on ne les entendait jamais", assure Kévin en pointant sa fenêtre ouverte d'où jaillissent en effet des gazouillis. "Ce calme là, il n'existait pas. Ça fait 5 ans qu'il n'y a pas eu ce calme. On dort de nouveau la nuit. On ne pouvait même pas regarder la télé, ou passer un coup de fil", explique-t-il.

"J'ai l'impression qu'il y a beaucoup plus de personnes âgées qui sortent, c'est incroyable" - Fatia, une résidente

"Beaucoup de personnes âgées ont acheté ici et ne peuvent pas partir, explique Fatia. Ils étaient doublement confinés chez eux. Il y avait le Covid et les dealers."

Chassés en quelques semaines

Le départ des dealers de la cité des Oiseaux a été rendu possible par une multiplication des opérations de police sur le terrain pendant plusieurs semaines, un harcèlement qui a fini par décourager les trafiquants. "Il les pistaient", commente une habitante du quartier. "Chapeau la police !", salue un autre, reconnaissant. "Ils ne lâchent pas l'affaire, quand vous les appelez, ils arrivent dans la minute", poursuit ce propriétaire d'un appartement de la résidence, confiant pour la suite, "je ne pense pas qu'ils vont revenir. On est ultra surveillés, si j'appelle les flics maintenant, ils débarquent en 5 minutes". 

D'autres se montrent plus prudents. "Il faut garder ce rythme, s'il y a un relâchement des autorités, on aura le même problème à nouveau", avertit Mustapha. Cet habitant tient à remercier le maire, Louis Aliot, qui s'était engagé à "éradiquer la voyoucratie" dès le début de son mandat, ciblant notamment la cité des Oiseaux. "Monsieur Aliot est à l'écoute de la population", salue à son tour Véronique qui a "eu le culot d'acheter ici parce que les appartements sont très beaux" et qui fait du départ des dealers une victoire personnelle. 

Place à la rénovation

"Ce n'est pas fini", prévient immédiatement Véronique. Elle attend maintenant une réhabilitation des bâtiments et l'arrivée de nouveaux services et loisirs dans son quartier. Un plan de sauvegarde doit justement être mis en œuvre à la cité des Oiseaux. Il comprend la remise à neuf des bâtiments, des allées, des cours et des parkings. "Regardez l'état des bâtiments", se désole Kévin. Beaucoup de portes ont été forcées, des accès ont aussi été murés par la police, les interphones et boîtes aux lettres sont quasi inexistants et les murs et façades demeurent sales. Quelques habitants pointent d'ailleurs du doigt l'incivilité de certains locataires. 

"On s'est débarrassé des dealers, maintenant on veut se débarrasser des locataires qui jettent leurs ordures ou leurs meubles par la fenêtre", résume un propriétaire. 

Quant aux dealers, ils ne se sont pas envolés dans la nature. Ils se sont notamment rabattu sur la résidence HLM Muchart, tout près de la cité des Oiseaux. 

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