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Dossier : Attentat de Conflans-Sainte-Honorine

Liberté d'expression : "beaucoup de jeunes ont une méconnaissance de l'Islam" estime Abdelkader Railane

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Par , France Bleu Saint-Étienne Loire

Comment parler de la liberté d'expression, des caricatures, avec les jeunes, qui plus est musulmans ? Abdelkader Railane, directeur de la mission locale d'Yssingeaux en Haute-Loire, aborde cette question à l'occasion de l'hommage national rendu à l'enseignant décapité dans les Yvelines.

Abdelkader Railane est à la tête de la mission locale d'Yssingeau et préside le comité opérationnel contre le racisme et l'antisémitisme en Haute-Loire.
Abdelkader Railane est à la tête de la mission locale d'Yssingeau et préside le comité opérationnel contre le racisme et l'antisémitisme en Haute-Loire. - DR

La France rend hommage ce mercredi à Samuel Paty. Cet enseignant a été décapité parce qu'il avait montré à ses élèves de 4e des caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression. Suite à cette attaque, des enseignants ont partagé leur difficulté à aborder ces sujets avec certains élèves. 

Abdelkader Railane est à la tête de la mission locale d'Yssingeaux et préside le comité opérationnel contre le racisme et l'antisémitisme en Haute-Loire. "Beaucoup de jeunes ont une méconnaissance de l'islam. Ce qui fait peur aujourd'hui dans notre société, c'est que beaucoup de jeunes se revendiquent avec force et conviction musulmans sans avoir une connaissance minimum de l'islam" estime-t-il. Et une "infime minorité de jeunes et de moins jeunes ont une certaine sacralisation du prophète. Ils n'entendent pas qu'on puisse critiquer, parler ou même montrer une image du prophète." 

Mettre ces jeunes face à leur contradiction

Malgré tout, il reste persuadé que le débat est possible. Il intervient souvent dans des établissements scolaires. "Parfois je demande aux jeunes s'ils savent me citer les cinq piliers de l'islam et combien de fois je suis très étonné de voir que beaucoup de jeunes ne savent pas les citer, c'est vraiment le B.A-BA du musulman." Cette question les met face à leurs contradictions et ouvre le débat, "à partir du moment où ils comprennent et acceptent leur faiblesse." 

Abdelkader Railane invite les jeunes à questionner l'héritage religieux de leur famille. "La République nous permet la liberté de conscience. Ce que j'essaie de dire souvent aux jeunes c'est : vous ne devez pas être religieux par hérédité. Quelque soit la religion qu'on va pratiquer, il faut d'abord la connaître, apprendre la religion et pas l'obtenir comme ça par les parents."

L'école ne pas doit être seule pour aborder ces questions

Pour mieux connaître l'islam, il invite les jeunes à se tourner vers les mosquées et les imams dont la majorité selon lui "sont en droite ligne avec les valeurs de la République." L'école ne doit pas être seule pour aborder ces questions. "Ce que j'attends de l'école, ce sont les débats contradictoires, la liberté d'expression, l'esprit critique. La connaissance des religions, je ne suis pas sûre que ça soit forcément à l'école de l'aborder, je crois que ce n'est pas le lieu. En revanche, les parents ont une grosse responsabilité. Ils ont ce rôle d'éducation à savoir : accepter l'autre dans sa différence."

"Quand vous donnez un écrit à quelqu'un qui n'a pas les bases pour pouvoir le comprendre, le danger est là."

Pour Abdelkader Railane, il faut aussi apprendre aux adolescents à ne pas se fier à "l'imam Google" en se tournant vers les réseaux sociaux pour s'informer. "En ce qui concerne l'islam, il y a beaucoup, beaucoup de bêtises. On ne peut pas extraire juste une phrase du Coran. Il faut faire un peu d'histoire, d'anthropologie, de psychologie pour le comprendre. Malheureusement, quand vous donnez un écrit à quelqu'un qui n'a pas les bases pour pouvoir le comprendre, le danger est là."

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