Société

Licenciée, parce qu'elle est enceinte

Par Marion Dambielle-Arribagé, France Bleu Mayenne et France Bleu lundi 10 octobre 2016 à 6:00

Claire a été victime de discrimination, simplement parce qu'elle était enceinte.
Claire a été victime de discrimination, simplement parce qu'elle était enceinte. © Maxppp - Frédéric Cirou

Un témoignage affligeant ce matin sur France Bleu : celui de Claire, 39 ans, qui a été virée parce qu'elle a annoncé à ses employeurs qu'elle attendait un enfant.

Claire est une néo-mayennaise de 39 ans. A son arrivée dans le département, il y a quelques semaines, elle décroche un poste d'auxiliaire de vie auprès d'un couple de personnes handicapées (moteurs) dans l'agglomération lavalloise. Un CDI, assorti d'une période d'essai d'un mois. Le courant passe bien entre la jeune femme et ses employeurs. Et puis un jour, une semaine avant la fin de sa période d'essai, Claire leur annonce qu'elle est enceinte. Loin de la féliciter, ses employeurs décident de se séparer d'elle. Une discrimination totalement illégale mais en période d'essai, pas besoin de justifier une rupture de contrat. Et si ses employeurs lui ont bien dit, oralement, que sa grossesse était l'unique motif de son licenciement, ils se sont bien gardés de lui signifier par écrit.

"Être enceinte, ce n'est pas une maladie"

"Ils m'ont dit qu'un bébé, ça tombait malade, qu'il fallait le faire garder. Je leur ai répondu que j'avais déjà un autre enfant, que j'étais capable de m'organiser ! Ensuite ils avaient peur que je sois arrêtée avant mon congé maternité, ils s'inquiétaient de devoir me trouver une remplaçante. J'ai essayé de leur expliquer qu'être enceinte, ce n'est pas une maladie, mais rien n'y a fait" déplore Claire. "Ce qui m'a le plus choquée, c'est quand ils m'ont dit que si je perdais mon bébé, où si je décidais d'interrompre ma grossesse, ils me garderaient."

"J'ai voulu être honnête, mais cela ne m'a pas servi"

Claire a voulu être honnête en annonçant sa grossesse avant la fin de sa période d'essai, alors que rien ne l'y obligeait. Question de confiance, dit-elle. La loi ne prévoit en effet aucun délai pour annoncer sa grossesse à son employeur. La seule obligation consiste à l'informer de l'absence pour congé maternité, certificat médical à l'appui. Aujourd'hui, elle se dit sacrément échaudée par l'expérience. "Dorénavant je considère que ce qui relève de l'état de santé, que ce soit grossesse ou autre, relève du privé, à condition bien sûr que vous soyez apte au travail. C'est ce que m'avait dit mon médecin, mais moi j'ai voulu être honnête. Mais cela ne m'a pas servi du tout..."

Claire ne veut pas se lancer dans une longue procédure judiciaire, qui lui demanderait du temps et de l'énergie, pour au final un résultat incertain, car la discrimination est très difficile à prouver. Elle voudrait juste une chose : "J'aimerais que quelqu'un leur dise que ce qu'ils ont fait est illégal. Ils sont persuadés d'être dans leur droit."
Claire a saisi le Défenseur de Droits, afin qu'il rappelle à ses anciens employeurs qu'il s'agit purement et simplement de discrimination, et que c'est une pratique illégale.

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