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Société

Ligne Serqueux-Gisors : le passage à niveau de Forges-les-Eaux ne fermera pas

lundi 6 novembre 2017 à 6:01 Par Camille André, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

Dans le cadre de la modernisation de la ligne Serqueux-Gisors, la SNCF prévoyait de fermer de nombreux passages à niveau pour des raisons de sécurité. La ville de Forges-Les-Eaux pourra finalement conserver le sien à titre expérimental.

L'un des deux passages à niveau qui doit disparaître à Ferrières-en-Bray.
L'un des deux passages à niveau qui doit disparaître à Ferrières-en-Bray. © Radio France - Camille André

Forges-les-Eaux, France

SNCF réseau est finalement revenu sur sa décision. Le gestionnaire du réseau ferré avait annoncé la fermeture de plusieurs passages à niveau, dans le cadre de la modernisation de la ligne de fret ferroviaire Serqueux-Gisors. Les villes de Gournay-en-Bray, Ferrières-en-Bray, Haussez et Forges-les-Eaux étaient notamment concernées. Cette dernière va finalement échapper à cette décision. "On m'a annoncé il y a trois semaines que le PN 60 serait maintenu à titre expérimental jusqu'en 2022", assure le maire de la ville, Michel Lejeune, qui s'empresse néanmoins d'ajouter que "toutes les interrogations générées par le passage de cette ligne de fret ne sont pas levées pour autant".

Sans ce passage à niveau, Forges-Les-Eaux aurait été coupé en deux

La fermeture du passage à niveau aurait impliqué la coupure de la route D919, et donc la mise en place d'une déviation, à Forges-les-Eaux. SNCF Réseau avait bien fait une proposition, mais Michel Lejeune n'était pas convaincu: "très franchement c'était du bricolage. Pour contourner le passage à niveau, il fallait prendre des jardins, emprunter des rues qui menaient dans des HLM, récupérer des parkings. Ce n'était pas raisonnable", assure le maire qui ajoute: "Je suis très confiant. Il n'y a aucune raison que ce passage à niveau génère de l'accidentologie".

Soulagé, le maire s'autorise même une plaisanterie: "Maintenant ce projet nous semble un peu moins pire". Un projet que la région finance à hauteur de 90 millions d'euros. L'Etat investira exactement la même somme.

Michel Lejeune fait par ailleurs la liste des doléances qui n'ont pas encore été satisfaites par SNCF Réseau. "D'abord il y a la problématique du bruit", note celui qui milite pour du mobilier antibruit moins massif. Le maire insiste également sur sa volonté de faire ralentir les trains, lors de leur traversée de Forges-Les-Eaux: " Les marchandises qui voyageront via cette ligne de fret viennent de Chine. Elles ont déjà mis trois semaines pour arriver au port du Havre. Elles peuvent bien perdre trois minutes en passant dans ma commune". Le maire attend enfin des précisions au sujet d'un terrain occupé par une famille de gens du voyage sédentarisés. Ces derniers y ont installé leurs caravanes depuis les années 70, et pourraient se voir expropriés. Sollicitée pour s'exprimer sur le sujet, la SNCF n'a pas donné suite à notre demande d'interview.

A Ferrières-en-Bray, le casse-tête lié à la fermeture de deux passages à niveau

A une vingtaine de kilomètres au sud, la maire de Ferrières-en-Bray regarde avec envie la réussite de Forges-les-Eaux: "J'aimerais croire que ça nous ouvre des perspectives, explique Marie-France Devillerval, mais je crains que les problématiques de ma commune ne soient pas les mêmes qu'à Forges. Sauver un seul de nos deux passages à niveau serait déjà une bonne chose", ajoute-t-elle sans trop y croire.

La disparition des passages à niveau de Ferrières-en-Bray est pourtant source d'inquiétude dans la commune. Ces dispositifs sont en effet positionnés aux "portes de la ville", selon l'édile. Ils permettent par ailleurs des échanges simplifiés avec Gournay-en-Bray, la commune limitrophe.

Le projet d'SNCF réseau prévoit de remplacer le premier par une déviation, et de créer un sous-terrain, pour absorber la circulation du second. Seul bémol: ces nouveaux itinéraires aboutiraient dans deux zones industrielles créées il y a plusieurs décennies et inadaptées, selon les élus et les riverains. "Ça va nécessiter d'énormes travaux, en plus on ne peut pas élargir la voie", s'inquiète Olivier Epinette. Ce gérant d'une concession, située au lieu-dit Beau Regard s'attend à voir l'impasse, située tout près de son garage, devenir une déviation. 3000 voitures pourraient l'emprunter chaque jour, selon les estimations de l'association "Voies et voix", qui lutte contre le projet de modernisation de la ligne de fret ferroviaire Serqueux-Gisors. Olivier Epinette craint que les clients ne désertent cette zone quand elle sera en chantier.

Cette petite impasse pourrait devenir une route fréquentée par 3000 voitures par jour. - Radio France
Cette petite impasse pourrait devenir une route fréquentée par 3000 voitures par jour. © Radio France - Camille André

La maire de Ferrières-en-Bray, redoute elle aussi un impact sur la vie économique de la commune: "Ma grande peur, c'est que certaines entreprises s'en aillent", confie-t-elle.

140 000 km de plus chaque année pour Danone à cause des déviations

Une crainte qui semble justifiée si l'on en croit les calculs de Jean-Marc Wissart. Ce Ferrierois est membre du conseil d'administration de l'association "Voies et voix". Il a calculé que les détours occasionnés par la création des déviations, augmenteraient considérablement les trajets des entreprises situées sur la commune. "Les camions de l'antenne Danone, par exemple, rouleront en tout, 140 000 km de plus par an" assure-t-il. A quoi s'ajoutent la question de la destruction de plusieurs hectares de terrains agricoles et des craintes concernant le nouveau plan de circulation dans la ville.

"La déviation envisagée pour palier la fermeture du passage à niveau 42 reportera de nombreux camions dans le centre-ville de Ferrières-en-Bray, regrette Jean-Marc Wissart, 3500 véhicules pourraient passer devant nos écoles chaque jour".

La SNCF veut fermer les passages à niveau pour des raisons de sécurité. Mais avec ces déviations, ce sont nos écoles qui vont être mises en danger

"C'est difficile à accepter", reconnait Marie-France Devillerval, "quand on sait que cette ligne sera très peu empruntée par les voyageurs". Cette dernière se destine en effet au fret intensif, avec 25 convois de marchandises chaque jour. Des convois d'une longueur de 800 mètres. Ferrières-en-Bray s'est d'ailleurs associée à plusieurs autres communes concernées par ce projet, pour constituer un recours contre la déclaration d'utilité publique. Déposé auprès du tribunal administratif, il propose d'étudier un autre itinéraire pour la ligne de fret. Il s'agirait de la ligne Le Havre- Serqueux- Amiens.