Société

A Lille, le quartier Saint Sauveur va enfin sortir de terre

Par Stéphane Barbereau, France Bleu Nord samedi 18 mars 2017 à 6:00

La friche Saint Sauveur : à gauche, le quartier Moulins, à droite, la gare Saint Sauveur. La ligne 1 du métro traverse déjà ces terrains.
La friche Saint Sauveur : à gauche, le quartier Moulins, à droite, la gare Saint Sauveur. La ligne 1 du métro traverse déjà ces terrains. © Radio France - Stéphane Barbereau

La friche Saint Sauveur, à deux pas du centre-ville, va devenir un éco-quartier. La SNCF a officiellement vendu, à la Mel, 13 hectares de terrains, ce vendredi matin, en présence de la Ministre du Logement, Emmanuelle Cosse.

Aujourd'hui, c'est un terrain vague, où poussent arbustes, herbes folles et de rares arbres. Quelques SDF squattent également les lieux où l'on trouve encore des hangars abandonnés, des routes qu'empruntaient il y a quelques années encore les camions de la Sernam, l'ancienne filiale de transports de marchandises de la SNCF. Demain, s'élèveront des bâtiments abritant logements, commerces, bureaux, également une piscine olympique.

Un terrain vendu à prix modique

Ce vendredi matin, la SNCF a officiellement vendu à la Mel (Métropole Européenne de Lille) ces 13 hectares de terrain pour 7 millions d'Euros. Un acte notarié qui s'est fait en présence d'Emmanuelle Cosse, la ministre du Logement. "Un tarif formidable" s'est enthousiasmé la maire de Lille qui rappelle que, dans un premier temps, RFF (Réseau Ferré de France, absorbé depuis par la SNCF) réclamait un prix sept fois supérieur : "soit un prix au m2 supérieur à ce qui est pratique à Euralille", s'en étranglerait presque Martine Aubry.

D. Castelain (pdt de la Mel), Martine Aubry (maire de Lille), Emmanuelle Cosse (mInistre du Logement) et T. Repentin (délégué interministériel à la mixité sociale) - Radio France
D. Castelain (pdt de la Mel), Martine Aubry (maire de Lille), Emmanuelle Cosse (mInistre du Logement) et T. Repentin (délégué interministériel à la mixité sociale) © Radio France - Stéphane Barbereau

Si le prix est modique, c'est grâce à la loi dite "de mobilisation du foncier public", votée en 2013 et qui permet à l'Etat de "vendre des terrains à un prix inférieur à leur valeur vénale", explique Emmanuelle Cosse. Un texte qui a permit de faire, enfin, aboutir ce projet vieux de 25 ans.

Des logements destinés avant tout aux classes moyennes

Ce prix très intéressant pour les collectivités va ainsi permettre de dégager de l'argent pour aménager le quartier et construire surtout la future piscine olympique (évaluée à 50 millions d'euros) dont le projet sera dévoilé plus finement d'ici l'été. Un équipement destiné à accueillir des compétitions internationales mais aussi un espace ludique pour les familles. Autour, on trouvera donc 2 500 logements (soit une superficie globale de 200 000m2), dont 50% de logements sociaux ou intermédiaires. "L'idée est de permettre aux classes moyennes de se loger dans du neuf au centre-ville" explique la Ministre du Logement. Un tel quartier, à deux pas du centre-ville, est d'ailleurs un projet assez rare en France. Saint Sauveur accueillera également un espace de co-working, des bureaux (55 000m2), des commerces (25 000m2).

Le Saint So Bazar, un lieu alternatif et créatif où se trouvera notamment un espace de co-working - Radio France
Le Saint So Bazar, un lieu alternatif et créatif où se trouvera notamment un espace de co-working © Radio France - capture écran agence Gehl

C'est le cabinet d'architectes danois Gehl qui a été désigné maitre d'oeuvre pour la construction de l'ensemble du quartier. Un chantier qui débutera en 2018. Un quartier bien desservi par les transports en commun puisque la ligne 2 du métro le traverse déjà et le futur tramway qui doit relier Lille à Lesquin passera également par Saint Sauveur.

Un quartier qui fait "waouh" et "chut"

Ce quartier mélangera donc activités de bureaux et logements plus calmes. Un mélange conceptualisé par les architectes et que Martine Aubry a repris en bruitage :

D'un côté, c'est le waouh et de l'autre, c'est le chut. C'est un ménage de fonctions, mélange social, c'est la politique de la ville de Lille

7 hectares sur les 23 du quartier seront des espaces verts. C'est trop peu pour les initiateurs d'une pétition intitulée "Sauvons Saint Sauveur, Lille étouffe !" qui a déjà recueilli près de 9 000 signatures. Ils auraient préféré que l'ensemble du quartier soit transformé en parc urbain dans une ville qui en manque cruellement. Emmanuelle Cosse leur répond qu'il "faut être lucide sur ces sujets là. Il y avait des dépôts de la Sernam avec des camions qui entraient en coeur de ville, avec une pollution énorme" précise la Ministre écologiste du Logement : "j'ai vu le quartier, je n'appelle pas çà un espace de respiration vert. Il faut éviter de faire des mauvais procès, de la démagogie sur des projets aussi importants pour la ville".

La Métropole et la mairie promettent quand même de faire attention à la biodiversité du site, même si elle est limitée. Une plante sauvage, qui pousse sur les anciennes voies ferrées, a ainsi fait l'objet de 3 expertises et sera transportée jusqu'à Roubaix, le long d'autres voies de chemin de fer. Une espèce de crapaud fera également l'objet de toutes les attentions.

Crédit : Agence Gehl