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Limitation de vitesse à 30 km/h dans tout Paris : la pollution risque d'augmenter

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La limitation de vitesse à 30 km/h mise en place lundi dans tout Paris fera-t-elle obligatoirement diminuer la pollution dans la capitale ? "Non", répond Tony Renucci, directeur général de l'association Respire, "plus on roule lentement, plus on pollue".

La mesure n'aura pas d'impact direct sur la pollution La mesure n'aura pas d'impact direct sur la pollution
La mesure n'aura pas d'impact direct sur la pollution © Maxppp - Luc Nobout

À partir du lundi 30 août 2021, il faudra lever le pied si vous circulez en voiture dans Paris. La vitesse passe à 30 km/h dans presque toutes les rues de la capitale. Quels sont les bénéfices de cette mesure ? Il y aura moins de bruit et moins d'accidents. "A 30 km/h, le risque pour un piéton de mourir dans une collision passe de 80 à 10%". 

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Les 30 km/h ne font pas diminuer la pollution

Contrairement à une idée reçue, cela ne fera pas diminuer la pollution, indique Tony Renucci_,_ directeur général de l'association Respire, invité de France Bleu Paris ce vendredi matin.

"Plus on roule lentement plus on pollue"

Tony Renucci explique que les moteurs thermiques sont optimisés pour une vitesse comprise entre 50 et 80 km/h ce qui a été confirmé par une étude récente, dit-il. "Donc quand on est en dessous de ce régime-là, il n'y a pas d'impact sur la pollution. Au contraire, plus on roule lentement et plus il y a de pollution". Il ajoute que les démarrages fréquents et redémarrages incessants sont mauvais pour la qualité de l'air

Il y a des villes qui ont mis cette mesure en place et il y a eu des reports, les voitures ont été circuler ailleurs et  cela a réduit le trafic, indique Tony Renucci. D'autres se plaignent d'avoir plus de bouchons. 

Donc effectivement, précise-t-il, cela pourrait être contre-productif. "C'est compliqué de tirer des conclusions. Ce qu'il faut retenir c'est que ce n'est pas une mesure qui vise la qualité de l'air".

"C'est un enjeu d'apaisement" 

"Passer aux 30 Km/h reste un enjeu d'apaisement notamment aux abords des écoles, des maisons, dans les zones très denses puisqu'on roule moins vite. Cela permet aux villes de repenser l'espace public. On peut libérer des espaces de voiries pour les piétons, les vélos, la végétalisation donc on voit un effet indirect mais, redit le directeur général de l'association Respire, cela n'a pas un impact direct sur la qualité de l'air".

Les automobilistes pourraient changer de comportement

Le passage à 30 km/h ne va pas changer grand-chose par rapport à la vitesse habituelle qui est en moyenne de 11,6 km/h dans Paris, signale Tony Renucci. 

Cela poussera peut-être certains automobilistes à faire un détour, à ne plus passer dans Paris. "C'est aussi le but de cette mesure : fluidifier la circulation". On verra à l'usage s’il y a moins d'automobilistes dans Paris ou s’il y a plus de bouchons qui du coup amèneront des contournements, ajoute-t-il.

Une inégalité entre Paris et la banlieue

Tony Renucci précise que si cette mesure s'accompagne du développement des transports en commun et des mobilités douces qui permettent d'aller de la banlieue vers Paris, on peut réussir à dépasser cette notion d'inégalité entre ceux qui habitent dans Paris et ceux qui vivent à l'extérieur de la capitale. Mais à chaque fois il faut une alternative, dit-il.

Comment améliorer la qualité de l'air dans la capitale ?

Le développement des voitures électriques et surtout des bornes électriques ajouté aux mobilités douces, le vélo, la marche, et aux transports en commun moins polluants que les voitures, tout cela peut avoir un réel impact sur la qualité de l'air, indique le président de Respire. 

"Ce sont des choses simples mais qui sont coûteuses, qui prennent du temps et qui demandent une certaine acceptation de la population, mais les solutions on les a, on sait ce qu'il faut faire", conclut-il. 

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