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Dossier : Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars

Journée du 8 mars : on a suivi un atelier d'autodéfense féministe à Limoges pour mieux réagir aux agressions

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Par , France Bleu Limousin

Les Affolé·e·s de la frange organisent tout au long de l'année des ateliers d'autodéfense féministe dans la région de Limoges. Mais pas question ici d'apprendre à combattre les agressions, il s'agit plutôt d'acquérir des réflexes de survie et d'apprendre à réagir de manière proportionnée.

Les Affolé·e·s de la frange organisent des ateliers d'autdéfense féministe tout au long de l'année dans le Limousin
Les Affolé·e·s de la frange organisent des ateliers d'autdéfense féministe tout au long de l'année dans le Limousin - Les Affolé·e·s de la frange

Dans le local de la CGT qui héberge les activités des Affolé·e·s de la frange, c'est Angel qui accueille les participantes. Nous sommes six, âgées de 17 à 44 ans, toutes venues pour apprendre à réagir en cas d'agression dans la rue, dans les transports en commun ou dans un bar.

Un atelier non-mixte

Uniquement des femmes, car l'atelier du jour est non-mixte. "C'est important parce que certaines femmes ne se sentent pas à l'aise en présence d'hommes, elles ont déjà des blocages même en non-mixité. C'est pas du tout pour déplaire aux hommes, ou pour dire que tous sont des agresseurs. Mais les femmes qui viennent ici ne viennent pas par hasard, elles ont déjà un passif de personnes agressées. Elles viennent avec leurs blessures et être en face d'hommes ça peut être difficile". Certains ateliers sont d'ailleurs ouverts aux hommes, qui représentent 1/3 des personnes sensibilisées par l'association. 

Pas de kung-fu ou de Krav-maga : reportage dasn un atelier d'autodéfense féministe

Après un temps d'échange, place aux exercices pratiques. Mais pas question de kung-fu, de krav-maga ou d'arts martiaux, la séance commence par des exercices de respiration. "On va inspirer par le nez, expirer par la bouche explique Angel. C'est une première astuce pour sortir de la sidération, pare que quand on se fait attaquer, la première réaction, c'est de se figer. Respirer profondément permet de se remettre en mouvement. Ça va être la technique aussi pour crier".

Apprendre à crier et à prendre de la place

Crier, ça semble naturel, mais ça ne l'est pas tant que ça. Plusieurs participantes sont mal à l'aise avec le fait d'élever le ton, de prendre de la place, avec la voix ou physiquement. "Peut-être à cause de comment je me sens avec mon corps"  explique l'une d'entre elles. 

Et c'est normal, rassure Angel : "Quand on fait cet exercice là en mixité, les hommes n'ont pas du tout de problème avec ça. Avec la voix, avec le corps. Parce qu'ils ont l'habitude de faire les pitres, c'est autorisé pour eux. Nous en tant que femme on nous demande d'être toujours dans le contrôle".

Le but des ateliers est d'apprendre à faire cesser la violence, et pas d'agresser l'agresseur explique Angel

Il faut donc s'entraîner, encore et encore, à crier, sans perdre de vue l'objectif de l'atelier : apprendre à rétablir le dialogue avec un agresseur pour faire cesser la violence, qu'on soit victime ou témoin. "Votre objectif à vous, c'est de désamorcer cette spirale d'agressivité, donc on va crier. Et on va crier des choses simples. Si je crie : Ah ! Mon langage corporel dit "dégage", ma voix dit "dégage". C'est quelque chose de court, de percutant". Et c'est parti pour une séance de cris, après avoir fermé la fenêtre pour ne pas effrayer les voisins.

Une posture pour faire face aux agressions

La plupart des participantes sont là pour la première fois. Joana, elle, est une habituée, à chaque fois elle revient avec une amie à qui elle fait découvrir ces ateliers. "Je n'ai pas réellement été confrontée à des situations ou j'ai pu utiliser ce qu'on a appris ici, mais si j'y étais confrontée je serais plus à l'aise. Quand on a fait l'exercice avec la position de l'agresseur et de l'agressé, je sais quelle posture adopter pour faire face à ça". Un pied devant, l'autre presque perpendiculaire derrière, et on vise bien au-dessus de l'agresseur pour lancer un "stop" haut et fort. 

De l'avis général, trois heures d'atelier, c'est loin d'être suffisant. Seulement quelques-unes des sept techniques pour faire face à une agression ont été abordées. Les Affolé·e·s de la frange organisent des ateliers plus longs, sur la journée. C'est le cas ce dimanche 7 mars, à l'occasion des manifestations organisées par le collectif 8 mars 87 dans le cadre de la journée internationale des droits des femmes.

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