Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

Limoges: avocats, associations, travailleurs sociaux mobilisés pour le retour du Point d'Accès au Droits des Etrangers

-
Par , France Bleu Limousin

Avocats, associations et travailleurs sociaux dénoncent la fermeture du Point d'Accès au Droit des Etrangers depuis le 1er janvier dernier. Ils réclament la réouverture de cette aide indispensable pour les étrangers comme pour ceux qui leur viennent en aide.

Avocats, associations et travailleurs sociaux demandent la réouverture du PADE, le Point d'Accès au Droit des Etrangers. Il a fermé ses portes le 1er janvier 2019.
Avocats, associations et travailleurs sociaux demandent la réouverture du PADE, le Point d'Accès au Droit des Etrangers. Il a fermé ses portes le 1er janvier 2019. © Radio France - Delphine-Marion Boulle

Limoges, France

Créé par le Conseil Départemental de la Haute-Vienne en 2001, le Point d'Accès au Droit des Etrangers, le PADE, a fermé ses portes le 1er janvier 2019. Le Conseil Départemental invoque les restrictions budgétaires mais les associations, les avocats et les travailleurs sociaux dénoncent la fin d'une aide précieuse tant pour les étrangers que pour ceux qui les accompagnent dans leurs démarches. 

Un juriste spécialisé dans le Droit des étrangers 

Une aide précieuse, mais surtout indépendante à la fois de la justice et de la préfecture composé d'un unique juriste maîtrisant les rouages du droit des étrangers. Une matière particulièrement complexe souligne Maître Jean Eric Malabre, de l'association des Avocats pour la Défense des Droits des Etrangers. "C'est extrêmement technique, pointu, compliqué. C'est un droit qui est au croisement du droit international, du droit public, du droit privé. Ca change tout le temps et il arrive un moment où plus personnes n'y comprend rien, y compris les gens spécialisés, y compris les fonctionnaires qui s'y perdent eux même. C'est _ce droit là, qui est le plus compliqué aujourd'hui et le plus changeant qui est opposé, précisément, à ceux qui lui sont le plus étrangers_, ne serait-ce que par la langue" . 

Une aide précieuse pour les travailleurs sociaux 

De ce fait, le PADE ressemble à une lumière dans la nuit pour bon nombre d'étrangers souhaitant obtenir une carte de séjour, demander l'asile ou tout simplement régler les soucis administratifs du quotidien. Mais le PADE est aussi un appui "pour tous les professionnels qui sont en première ligne comme les travailleurs sociaux" explique l'avocat. Membre de la Maison des Droits de l'Homme, Geneviève Bardy a longtemps aidé de jeunes étrangers en tant qu'éducatrice. Elle abonde, le PADE, était tout simplement indispensable. " Il y a des choses qu'il sait faire et que nous, travailleurs sociaux, on ne savait pas bien faire. Tout ce qui était demandes d'asile par exemple, c'est le PADE qui s'en occupait". 

Car les travailleurs sociaux reçoivent avant tout une formation générale, pas forcément adapté à l'accompagnement de personnes étrangères. Si le local était à la charge du département de la Haute-Vienne, l'ensemble de la documentation sur le droit des étrangers était financé par le Ministère de la Justice. Le PADE permettait  aussi  aux travailleurs sociaux de  se renseigner et se former. "_On pouvait prendre des relais, mais sans PADE, cela veut dire que les éducateurs vont devoir aller se former ailleurs_, ça prend du temps, ça a un coût" souligne Geneviève Bardy. 

Un relais pour les associations 

Le juriste du PADE permettait aussi aux associations de s'informer sur des points très précis de droit renchérit Dominique Alasseur de la Cimade : "Cette personne connaissait parfaitement bien tous les rouages, pour réunir les familles de personnes réfugiées, c'est un sacré pataquès ! Je peux vous dire qu'en ce moment j'ai des dossiers comme cela à traiter et si je l'avais avec moi, je serai bien contente" explique la bénévole. Car sans la PADE, comprendre ces rouages va forcément prendre plus de temps, pour des bénévoles et des associations déjà surchargées.  D'ailleurs la bénévole de la Cimade souligne aussi que les échanges étaient réguliers entre le PADE et l'association, et que des dossiers étaient ainsi partagés voire échangés afin d'être traités le mieux possible. 

Maître Jean Eric Malabre s'interroge aussi sur les conséquences et le coût d'une telle fermeture. Car si le Conseil Départemental de la Haute-Vienne avance comme explication les restrictions budgétaires, l'avocat en est sûr : des dossiers moins traités, c'est plus de temps passé à les démêler par les fonctionnaires de la préfecture, c'est aussi des associations et des travailleurs sociaux en première ligne face à des personnes laissées en grande précarité. 

Les associations , travailleurs sociaux et avocats réclament donc le retour du Point d'Accès au Droit des Etrangers. Une pétition est d'ailleurs en ligne sur le site de l'association Dessine Moi un Logement. Elle a recueilli pour l'instant 540 signatures. 

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu