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Limoges - Le personnel du collège Ronsard se mobilise pour éviter l'expulsion d'une famille arménienne

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Par , France Bleu Limousin

Alors qu'une famille d'Arméniens est sommée de quitter le territoire, le personnel du collège Ronsard à Limoges où sont scolarisés deux des enfants sont sous le choc et ont décidé de se mobiliser pour les aider à rester. Ils ont écrit une lettre au préfet de la Haute-Vienne.

Sos entouré de sa mère et ses sœurs devant toutes les médailles accumulées ces dernières années
Sos entouré de sa mère et ses sœurs devant toutes les médailles accumulées ces dernières années © Radio France - Jérôme Ostermann

C'est une histoire comme il y en a beaucoup ces derniers temps en France. Une famille venue chercher la sécurité car menacée de mort dans son pays. L'Arménie où le père, Alik, était garde du corps d'un général d'armée. Au changement de régime il y a environ 3 ans, son collègue a été assassiné. Craignant le pire pour lui et sa famille, ils sont partis en 48h pour arriver en France où le statut de réfugiés politiques leur a été refusé. Alik (41 ans), sa femme Narine (32 ans), ses filles Roza (13 ans), Victoria (7 ans) et Angela (2 ans) ainsi que fils Sos (14 ans) sont donc menacés d'expulsion. "Si mon père retourne dans notre pays, c'est la mort ! On peut dire que ma famille pourrait mourir" avance Sos, dans un français déjà bien maitrisé.

Le fils est une graine de champion en lutte au Palais-sur-Vienne

Un adolescent de 14 ans qui fait la preuve d'une réelle volonté de s'intégrer en France. Passionné de lutte depuis son plus jeune âge, il a déjà décroché des titres de champion de Haute-Vienne, de Nouvelle-Aquitaine et de France ainsi qu'une coupe de France par équipe avec le club du Palais-sur-Vienne où il est considéré comme un véritable espoir de sa discipline. "Je remercie mon entraineur parce qu'il m'a beaucoup aidé. Pour continuer la lutte et faire des efforts, continuer à transpirer pour être champion de France. C'est pas rien quand même !" glisse-t-il à juste raison. Un jeune également reconnaissant envers ceux qui les ont aidé à trouver un toit après plusieurs nuits dehors il y a deux ans à leur sortie du CADA, le Centre d'Accueil des Demandeurs d'Asile.

Quelqu'un de très vivant, très curieux de comprendre

Une famille dont le père a multiplié les petits travaux chez des voisins. De quoi convaincre une PME du bâtiment de lui formuler une promesse d'embauche qu'il ne peut évidemment pas accepter tant qu'il n'a pas de papiers. "Mon père, il n'est pas fatigué de travailler. Il dit qu'il est malade quand il ne travaille pas" explique Sos, qui à entendre ses professeurs du collège Ronsard n'est pas en reste dans ce domaine, en plus des 3 heures de sport qu'il pratique chaque jour pour construire son rêve. "J'ai grand plaisir à avoir Sos dans ma classe. On a quelqu'un qui est très vivant, très curieux de comprendre. Mais aussi de partager" souligne Flavien Celerier, l'un de ses professeurs.

A écouter, Flavien Celerier, professeur d'Histoire-Géographie au collège Ronsard à Limoges. Il explique pourquoi lui et ses collègues soutiennent la famille Usubyan

Choqué d'apprendre que lui et sa petite sœur Rosa, également scolarisée au collège Ronsard, devaient quitter le territoire, il a décidé de se mobiliser. Un appel auquel la plupart de ses collègues ont répondu favorablement. Professeurs, personnels administratif et infirmières : "Nous avons tous été stupéfaits. Nous avons considéré que c'était une situation impensable et que leur place est ici. Qu'ils doivent poursuivre leur scolarité au collège. Nous sommes unanimes sur la vision positive que nous avons de Sos et Rosa. Des efforts qu'ils font pour s'intégrer. Des efforts de la famille pour suivre la scolarité de leurs enfants malgré leurs difficultés. Pour nous, il n'y a même pas de débat". 

Une page Facebook et une pétition en ligne

Pour essayer d'infléchir la décision des pouvoirs publics, le personnel du collège Ronsard a décidé d'écrire une lettre au préfet de la Haute-Vienne. Tarik Alexandre Ali Benali qui les a aidé depuis le début a aussi fait appel aux services d'une avocate pour déposer un recours (non suspensif) devant le tribunal administratif. Une pétition a aussi été lancée via une page Facebook créée en soutien à la famille Usubyan. "Le but, ce n'est  pas de demander à la préfecture de désavouer l'administration. C'est de demander un réexamen du dossier. De dire regardez comment ils sont intégrés, le fils qui s'illustre au sport, le père qui a trouvé un travail, les enfants qui sont scolarisés. Pour leur proposer soit une autorisation de travail soit un titre de séjour" espère ce juriste de formation.  

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