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Société

Violence et délinquance : une assistante sociale recrutée pour travailler avec les policiers à Limoges

mardi 3 avril 2018 à 18:28 Par Justine Dincher, France Bleu Limousin

Une nouvelle assistante sociale vient d'être embauchée au commissariat de Limoges, huit ans après le départ de l'ancienne. Objectif : réduire la délinquance en accompagnant les fauteurs de trouble et apporter une aide aux victimes de violences par exemple.

Le demi-poste de l'assistante sociale est financé par l'État et par la ville de Limoges.
Le demi-poste de l'assistante sociale est financé par l'État et par la ville de Limoges. © Radio France - Justine DINCHER

Limoges, France

À l'époque, c'était inédit dans le pays : il y a une vingtaine d'années, une assistante sociale avait été embauchée pour travailler au commissariat de Limoges et renforcer le travail des agents. Aujourd'hui, en France, ils sont environ 600 travailleurs sociaux à exercer auprès des policiers et des gendarmes. Mais à Limoges, il n'y en avait plus. En 2010, la mission de l'assistante sociale ("qui portait pourtant ses fruits", d'après la police) avait été arrêtée sur décision des porteurs de projet, le conseil départemental de la Haute-Vienne et l'État. 

Assister les familles en difficulté

Huit ans après, un nouveau travailleur social a donc été embauché dans le cadre d'une convention entre la ville de Limoges et la préfecture de la Haute-Vienne. Cette femme a pris ses fonctions mardi 3 avril à l'hôtel de police de Limoges. Dans son petit bureau derrière l'accueil, Julie Poujol écoute, conseille, oriente les victimes et les auteurs de violences par exemple. Cette assistante sociale travaille au commissariat mais elle ne porte pas l'uniforme puisqu'elle n'est pas policière : "j'espère que cela permettra de libérer la parole. Je ne pose pas les mêmes questions que les policiers, je ne suis pas là pour les mêmes raisons". 

Julie Poujol, assistante sociale, a pris ses fonctions le mardi 3 avril 2018. - Radio France
Julie Poujol, assistante sociale, a pris ses fonctions le mardi 3 avril 2018. © Radio France - Justine DINCHER

Alcool, violences conjugales, psychiatrie, expulsions...

L'arrivée de Julie Poujol était très attendue par les policiers. "Nous l'attendions depuis huit ans, nous avions besoin d'un travailleur social", explique Paul Agostini, directeur départemental de la sécurité publique, "le policier enquête, il porte assistance et secours, mais ce n'est pas un travailleur social. Il est souvent confronté à un public en détresse. Il y a des gens à placer, des situations à revoir auprès des juges aux affaires familiales par exemple. Tout cela n'est pas le travail du policier qui ne connaît pas tous ces dispositifs. C'est un avantage d'avoir à nos côtés, un travailleur social qui a ses propres réseaux et qui peut orienter les personnes vers les services compétents".

Violences conjugales ou familiales, expulsions locatives, toxicomanie, abus de faiblesse : l'assistante sociale peut intervenir dans de nombreuses situations difficiles. Elle est présente en appui des policiers limougeauds qui traitent, par exemple, 1.700 cas de fugues chaque année et une à deux hospitalisations d'office en psychiatrie chaque semaine. "En France, 60% des situations qui sont révélées par les travailleurs sociaux dans les commissariats ou les gendarmeries, ne sont pas connues des services sociaux départementaux. Il est donc très important de mettre en place ce dispositif pour débusquer ces situations", justifie Raphaël Le Méhauté, le préfet de la Haute-Vienne.

Bientôt la même chose avec les gendarmes ?

L'assistante sociale travaille tous les matins au commissariat de Limoges. Ce poste à mi-temps est financé par l'État et par la ville de Limoges (qui a repris le flambeau du département de la Haute-Vienne, pourtant compétent en matière social mais qui ne souhaite plus financer cet emploi). Si la demande est trop forte, ce poste pourra être amené à évoluer. Le préfet de la Haute-Vienne espère maintenant déployer ce dispositif dans les gendarmeries de la Haute-Vienne.