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Lions, tigres, chameaux : à Meylan, les animaux du cirque Franco-Belge font débat

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Par , France Bleu Isère

La mairie de Meylan, opposée aux cirques avec animaux, demande le départ de la troupe Franco-Belge, installée depuis le 12 juillet. Le patron du cirque, lui, se défend de toute maltraitance et assure que ses animaux sont chouchoutés.

Un chameau du cirque Franco-Belge, dans un pré derrière les installations.
Un chameau du cirque Franco-Belge, dans un pré derrière les installations. © Radio France - Lisa Guyenne

Faut-il interdire les animaux dans les cirques ? C'est l'éternel débat du moment, et il a lieu depuis dix jours à Meylan. Le 12 juillet, le cirque Franco-Belge s'est installé sur un terrain herbeux privé, à deux pas de la mairie, avec sa ménagerie complète : lions, tigres, chameaux, dromadaires, zèbres, singes, chevaux... La municipalité, elle, grince des dents : elle est opposée aux cirques avec animaux. "Je pense que notre société change, qu'il y a des prises de conscience. Il y a moyen, grâce à la profusion de documentaires, de voir ce qu'est un animal sauvage. On a pas besoin de voir des animaux comme ça dans un cirque. Ce ne sont pas des conditions, selon nous, qui sont bonnes pour eux", estime Mélina Herenger, première adjointe à la mairie. 

"La journée, ils sortent des camions, ils sont dans l'herbe"

La famille circacienne, elle, se défend. Jackson Muller, le patron, nous invite à voir les bêtes de plus près : "Les animaux, ils sortent des camions. Les remorques, c'est pour le transport et pour dormir. La journée, vous voyez, il y a de grandes cages extérieures avec piscine pour pouvoir se baigner. Et quand ils ne sont pas au cirque, lorsqu'on est arrêté, nos animaux sont dans cinq hectares de terrain, aussi bien les fauves que la cavalerie. Nous avons des certificats de capacité, des contrôles vétérinaires régulièrement", énumère-t-il. Quand on le suit pour faire le tour des installations, on constate que les fauves ont effectivement libre accès à une cage ronde dans l'herbe, avec un bac d'eau pour se rafraîchir, même si, à l'heure de notre reportage, ils siestent tous à l'ombre de leur remorque. Plus loin, des chameaux et des dromadaires se prélassent dans une parcelle de pré. 

"La question est de stopper cet engouement pour arrêter de perpétuer cette tradition"

"Déjà, nos animaux sont nés en captivité, donc ils n'ont pas connu la savane ou la jungle. Et puis on ne les dresse pas avec un fouet : si on faisait ça avec un lion ou un tigre, il nous boufferaient ! On les éduque au biberon d'abord, puis on utilise des bâtons avec des morceaux de viande au bout." Bref, pas question d'entendre parler de maltraitance animale. "Nos animaux naissent avec nous, ils sont attachés à leurs dresseurs. D'ailleurs on ne parle plus de dressage, mais d'éducation." L'attention que le patron porte à sa ménagerie, Mélina Herenger la comprend : "D'une certaine manière, les circaciens ont raison. Mais tant qu'on restera sur cette logique, ça veut dire qu'ils auront de nouveau des animaux en captivité, et que ça perdurera. La question est de savoir si on stoppe cet engouement pour arrêter de perpétuer cette tradition."

AUDIO - Jackson Muller se défend de toute maltraitance et assure que ses animaux sont bien traités

Jackson Muller et l'un de ses chameaux.
Jackson Muller et l'un de ses chameaux. © Radio France - Lisa Guyenne

"C'est vrai que les animaux ne sont peut-être pas si bien que s'ils étaient en liberté, mais on vient quand même les voir"

Mais si les Français sont de plus en plus sensibilisés à la question du bien-être animal, ils sont encore nombreux à venir au cirque... tout en étant conscients du problème. Dans la file d'attente pour le spectacle de l'après-midi, les familles sont tiraillées. "Moi, je suis tout à fait pour les cirques", affirme Nicole, venue avec sa petite-fille Marie. "Beaucoup d'enfants n'ont pas l'occasion de voir ces animaux, alors je trouve que c'est très bien." "Mais il faut qu'ils aient de la place. S'ils sont enfermés, c'est pas bien", rétorque sa petite-fille, venue avec elle. Sa mamie sourit. "Marie adore les animaux et veut les protéger. C'est vrai qu'on peut se dire que les animaux dans un cirque ne sont peut-être pas aussi bien que s'ils étaient en liberté. Mais on vient quand même les voir, c'est vrai", avouent la fillette et sa grand-mère. 

"Un jour, il n'y aura plus de clowns, plus d'animaux, plus de cirque"

Derrière elles, Anouk, venue avec ses deux filles : "Honnêtement, je les emmène pour qu'elles voient pour une fois des animaux sauvages. Après, ça me fait de la peine de les voir dans des cages, ce n'est pas leur milieu naturel, on est bien d'accord." Un paradoxe illustré par une autre petite fille : "Moi, ça me fait de la peine que les animaux soient enfermés." Pourtant, elle a quand même envie de les voir ? "Oui." "C'est ça le truc, et pour moi c'est pareil", confirme sa maman. Le débat est donc loin d'être tranché. Mais du côté du cirque, le patron est moins nuancé : "On est déjà resté plus de dix mois sans travailler, alors si on continue à nous mettre des bâtons dans les roues, je crois que ça va être la faillite. Les enfants viennent voir des clowns et des animaux. Un jour, il n'y aura plus de clowns, plus d'animaux, plus de cirque."

AUDIO - Les spectateurs du cirque sont tiraillés entre le bien-être animal et l'envie de voir les animaux de près

Le cirque a malgré tout attiré de nombreuses familles, ce 21 juillet.
Le cirque a malgré tout attiré de nombreuses familles, ce 21 juillet. © Radio France - Lisa Guyenne
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