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Société

La loi Elan, "une catastrophe" pour l'accès au logement des personnes handicapées

jeudi 14 juin 2018 à 6:07 Par Charlotte Lalanne-Labeyrie, France Bleu Vaucluse

Adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale mardi, la loi Elan sur le logement fait hurler les associations d'aide aux personnes handicapées. En cause, le passage de 100% à 10% seulement de logements accessibles dans les constructions neuves. Un "recul historique" pour l'APF Vaucluse.

En Vaucluse, 22 000 personnes handicapées vivent à leur domicile
En Vaucluse, 22 000 personnes handicapées vivent à leur domicile © Maxppp -

Avignon, France

ll aura fallu neuf jours et nuits de débats pour faire passer le projet de loi sur le logement. La loi Elan a été adoptée mardi en première lecture à l'Assemblée nationale, par 342 voix contre 169, et 44 abstentions. En Vaucluse, les députés La République en Marche Jean-François Césarini et Adrien Morenas ont voté pour. C'est non en revanche pour Les Républicains Jean-Claude Bouchet et Julien Aubert, tout comme la députée Ligue du sud Marie-France Lorho.

Parmi les mesures décriées, une révolte particulièrement les acteurs du handicap : elle concerne l'accessibilité des logements neufs. La loi obligeait jusqu'à présent les promoteurs à adapter 100% de leur logement. Ce seuil va descendre à 10%. La nouvelle passe très mal auprès des associations vauclusiennes. 

Quelque 22.000 personnes en situation de handicap vivent à leur domicile en Vaucluse, sans compter les effets du vieillissement de la population. "Cette loi est une catastrophe" tranche  Michel Garcia, référent accessibilité à l'Association des Paralysés de France en Vaucluse. 

"On revient aux années 1950, où on ne pensait même pas à l'accessibilité, maintenant on nous reproche pratiquement d'exister."

Un bond en arrière par rapport à la loi de 2005, estime Michel Garcia, d'autant que ce texte souffrait déjà d'exceptions. "Aujourd’hui, pour les logements construits sur trois étages, il n'y a pas d'obligation d'ascenseur, donc seuls les rez-de-chaussée sont aménageables", explique-t-il. Résultat : beaucoup de personnes handicapées ne trouvent pas de logement adapté dans un département qui manque déjà de logements sociaux. 

"Près de 200 personnes sont en situation urgentes de logements en Vaucluse cette année" d'après Armand Bénichou, président de l'association HandiToit qui aide les personnes handicapées à trouver un hébergement. Les conséquences peuvent être lourdes : "Ces gens, qui vivent dans des logements inadaptés, sont contraints de rester chez eux, confinés dans leurs appartements, regrette Armand Bénichou. 

"Leurs seules sorties sont des déplacements en ambulance, pour aller à l'hôpital ou en rééducation. Cela réduit la sociabilité."

Le projet de loi est jugé par beaucoup d'associations comme un coup dur dans la lutte contre l'exclusion et l'isolement des personnes handicapées. Elles se battent désormais pour faire amender la loi avant son adoption définitive.