Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

Loi Elan : "un recul pour l’accès des handicapés au logement" pour la Fédération des accidentés du travail

mardi 5 juin 2018 à 15:38 Par Olivier Lebrun, France Bleu Occitanie

Le passage de 100% à 10% de logements neufs accessibles aux personnes à mobilité réduite scandalise les associations et les personnes handicapées qui ont déjà du mal à trouver un logement adapté.

Illustration - Marie-Josette tourne en rond dans son 65m² dans son appartement de Beauzelle
Illustration - Marie-Josette tourne en rond dans son 65m² dans son appartement de Beauzelle © Radio France - Bénédicte Dupont

Toulouse, France

C’est une disposition qui ne passe pas. Le 1er juin, les députés ont voté une mesure importante de la loi Elan (Evolution du logement, de l’Aménagement et du Numérique) : la diminution du quota obligatoire de logements neufs accessibles aux handicapés, il passe de 100% à 10%. Les parlementaires enterrent l’objectif de 100% de logements accessibles contenu dans la loi de 2005 sur le handicap.

En clair, 10% des nouveaux logements devront être aux normes handicapés, les 90% restants seront "évolutifs", c'est à dire qu'ils pourront devenir accessibles après quelques travaux.

Un logement adaptable plutôt qu’adapté

Pour la présidente de la FNHAT, l'association des accidentés de la vie, la toulousaine Nadine Herrero, "cette nouvelle loi Elan, qui ne porte pas bien son nom, est une aberration qui nous ramène bien avant la loi de 2005. On passe de l’objectif de 100% à 10% de logements neufs adaptés aux personnes à mobilité réduite, c’est un vrai recul".

"D’autant que cette notion de logement « évolutif » ne nécessitant que quelques travaux ne repose sur rien. Adaptable, ça veut dire quoi, ça veut dire qu’on va mettre des cloisons sur roulettes ? On poussera au besoin ? Cela ne rime à rien" ajoute la présidente de la FNHAT invitée de France Bleu Occitanie.

"Il n’y aucune contrainte dans cette loi. Qui fera les travaux le moment venu ? Entre une personne valide et une personne à mobilité réduite, je ne suis pas sûre que le bailleur choisira la personne en situation de handicap".

Réécoutez Nadine Herrero, la présidente de la FNHAT invitée de France Bleu Occitanie

La toulousaine Nadine Herrero, présidente de l'association des accidentés de la vie  - Radio France
La toulousaine Nadine Herrero, présidente de l'association des accidentés de la vie © Radio France - Alban Forlot

La présidente de la FNHAT Nadine Herrero voit dans cet amendement "l’influence du lobby des promoteurs"pour réduire le coût de la construction.

"La France a beaucoup de retard sur cette question de l’intégration du handicap, la loi de 2005 était une loi prometteuse, on est en train de régresser de façon sérieuse."

Cinq ans d’attente pour un logement adapté 

Les associations qui viennent en aide aux personnes handicapées dénoncent cet amendement. D'autant qu'il est déjà compliqué aujourd’hui de trouver un logement adapté.

A Toulouse, il faut cinq ans en moyenne pour trouver un logement adapté pour un personne à mobilité réduite, selon Odile Maurin. La présidente de l'association toulousaine "Handi'sociale" estime qu’avec cette loi, la situation va devenir catastrophique

Odile Morin - "c'est comme si dans votre appartement, on vous murait la porte"

En fauteuil roulant au 2eme étage

Emmanuelle, 44 ans, est  atteinte de sclérose en plaques. Elle ne peut plus marcher depuis deux ans et elle ne trouve pas d'appartement adapté à son handicap. Son quotidien est devenu très compliqué.

"Mon appartement est trop petit, il est au 2e étage, on doit me descendre en fauteuil roulant". "On ne nous écoute pas, nous sommes pourtant des êtres humains" témoigne Emmanuelle , elle nous raconte ses galères au quotidien.

Le quotidien d'Emmanuelle, en fauteuil roulant dans son appartement au 2eme étage

Nous avons contacté plusieurs promoteurs immobiliers toulousains. Cette loi est censée faciliter la construction de logement, c'est l'argument avancé par l'exécutif. Aucun n'a souhaité nous répondre.