Société

Loire : 360 personnes identifiées comme radicalisées ou en voie de radicalisation depuis 2015

Par Noémie Philippot, France Bleu Saint-Étienne Loire lundi 13 novembre 2017 à 20:58

Depuis 2015, 360 personnes ont été identifiées comme radicalisées ou en voie de radicalisation dans la Loire. 75 % sont des hommes de moins de 35 ans.
Depuis 2015, 360 personnes ont été identifiées comme radicalisées ou en voie de radicalisation dans la Loire. 75 % sont des hommes de moins de 35 ans. © AFP - JOEL SAGET

Trois jours pour parler de la radicalisation, c'est ce que propose le Nouveau Théâtre Beaulieu, à partir de ce mardi à Saint-Etienne. Dans la Loire depuis 2015, 360 personnes ont été identifiées comme radicalisées, ou en passe de le devenir. La préfecture reçoit des signalements chaque semaine.

A partir de ce mardi 14 novembre et jusqu'à jeudi, la MJC du Nouveau Théâtre Beaulieu à Saint-Etienne invite à des conférences et une pièce de théâtre sur la radicalisation, pour comprendre et mieux agir. Dans la Loire, 360 personnes ont été identifiées comme radicalisées ou en voie de radicalisation depuis 2015. Chaque semaine, la préfecture reçoit de nouveaux signalements.

Cela varie de seulement deux ou trois signalements à une dizaine parfois, notamment quand il vient d'y avoir une tentative d'attentat. Alors y a-t-il plus de radicalisés dans le département qu'avant ? Le préfet Evence Richard n'en est pas convaincu. Pour lui, c'est surtout que depuis 2015 et l'attentat contre Charlie Hebdo, les dispositifs de signalement ont été renforcés, et sont plus connus.

Même des particuliers signalent parfois des comportements suspects, mais la préfecture compte plutôt sur les réseaux de l'Education nationale ou de la Caisse d'allocations familiales, et surtout sur les travailleurs sociaux. Ce sont eux, le plus souvent, qui sont en contact direct avec les personnes en voie de radicalisation : des hommes jeunes, sans travail, avec une situation familiale compliquée.

75 % des personnes identifiées sont des hommes de moins de 35 ans

Sur les 360 personnes identifiées, 75% sont des hommes de moins de 35 ans. 40% ont moins de 25 ans. "On voit bien qu'un certains nombre de jeunes dérivent vers ces tentations djihadistes à la suite d'une crise à l'adolescence plus ou moins bien assumée, avec des difficultés familiales, liées à l'adolescence ou éventuellement à la séparations des parents," explique Evence Richard, le préfet de la Loire.

Une fois le signalement enregistré, la police enquête sur la personne. Selon son profil, le dossier est confié soit à la justice, soit à la police, ou alors soumis à un suivi social ou médical. Parmi les 360 personnes identifiées dans la Loire, seules quelques unes sont en prison. Plus de la moitiés sont suivies de très près par la préfecture.