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Société

Lucienne Bouqueneur, résistante à Belfort, meurt à l'âge de 98 ans

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu

Lucienne Bouqueneur, engagée dans la résistance à Belfort pendant la Seconde Guerre Mondiale, est décédée le 11 août, à l'âge de 98 ans. Son mari Georges fait partie des fusillés du Salbert dont l'histoire avait été retracée dans un film réalisé à Belfort.

Lucienne Bouqueneur (archives personnelles de Claude Bouqueneur).
Lucienne Bouqueneur (archives personnelles de Claude Bouqueneur).

Belfort, France

Quand on demande à son fils Claude ce qu'il aimerait que les Belfortains retiennent de sa maman, il répond très ému : "Qu'elle a fait de la résistance de manière très anonyme. Elle avait une grande modestie."

La maman de Claude Bouqueneur, Lucienne, naît en 1921 à Paris avant de rejoindre Colmar où elle rencontre Georges Bouqueneur, qui vient de Lepuix dans le Territoire de Belfort. Elle le suit à Belfort où elle commence à travailler à la mairie. Le couple habite alors dans la maison du gardien du fort des Basses Perches à Danjoutin.

Une fois la guerre arrivée, en 1940, Georges part au front. Il est fait prisonnier puis revient en 1941. Il refuse de partir au service de travail obligatoire et s'engage dans la Résistance. Il est alors recherché par les Allemands. Lucienne se fait arrêter et interroger pendant deux jours mais elle ne dit rien et décide alors de s'engager, elle aussi, dans la résistance. 

Elle détourne des tickets de rationnement pour les résistants

Lucienne commence à détourner des tickets de rationnement à la mairie. Chaque soir, Georges revient du maquis, alors même que le fort des Basses Perches est surveillé par les Allemands, et rapporte à Lucienne et ses enfants de quoi manger. Elle, en échange, lui donne les tickets de rationnement pour tout le réseau de résistance. 

Lucienne échappe même au pire. "Un jour, les Allemands sont venus chez nous pour l'arrêter, raconte son fils Claude, mais son sac avec les tickets de rationnement était accroché derrière la porte. Par chance, les Allemands ne l'ont pas vu. S'ils l'avaient vu, elle aurait été fusillée sur le champ."

Son mari fusillé au Salbert à 24 ans

Georges, lui, se fera finalement arrêter en 1944. Lucienne l'apprend par une lettre rédigée par un collaborateur.  Cet épisode, Jean Bochler, président de l'association belfortaine "Souviens-toi 1944", le raconte dans son film "Les Oubliés du Salbert" sorti l'an dernier.

"Quand le charnier du Salbert est découvert, avec les corps de huit résistants, Lucienne ne se sent pas capable d'aller voir si Georges en fait partie, explique Jean Bochler. Un membre de sa famille lui propose alors d'aller voir et lui dit que s'il rentre avant midi c'est que son mari fait partie des fusillés, s'il ne rentre qu'après midi, c'est qu'il n'en fait pas partie. Mais finalement, son ami est retenu. Il rentre après midi et lui apprend que son mari a bien été fusillé. Il avait 24 ans. Ce sera une immense douleur pour Lucienne."

Après la résistance, le silence

Après la mort de son mari, Lucienne s'engagera dans la lutte contre le nazisme en Allemagne où elle restera, avec ses deux enfants près de 10 ans, avant de revenir auprès de sa famille à Colmar puis de s'installer définitivement à Nice. 

Mais de ses années de résistance, Lucienne ne dira quasiment plus rien. "Comme mon père avait été fusillé, elle ne voulait pas qu'on en parle, explique son fils Claude. Elle avait gardé plein de papiers, d'extraits de journaux de l'époque mais elle avait du mal à en parler."

Lucienne Bouqueneur sera incinérée à Nice le 20 août. Ses cendres seront ensuite rapatriées à Colmar auprès de sa famille.