Société

Lunel veut en finir avec son image de "ville des djihadistes"

Par Marie Ciavatti, France Bleu Hérault et France Bleu jeudi 7 septembre 2017 à 18:04 Mis à jour le jeudi 7 septembre 2017 à 21:02

La campagne se décline sur le thème "Lunel se dévoile"
La campagne se décline sur le thème "Lunel se dévoile" -

La ville de Lunel veut faire oublier l'affaire des djihadistes qui l'a fait connaître à la France entière en 2014. Elle lance une campagne de communication ce mois-ci pour redorer son image et appelle les habitants à faire la promotion de leur ville.

Vous n'allez pas tarder à voir les affiches en grand format dans les rues de Nîmes et de Montpellier. Des visuels déclinés avec ce slogan "Lunel se dévoile". La mairie lance ce mois-ci une campagne de communication pour changer son image, ternie par l'affaire des djihadistes.

"L'image de la ville a été écornée. Il est temps de réagir"

Elle remonte pourtant à près de 3 ans, quand la presse révèle le départ de près d'une vingtaine de jeunes Lunellois vers la Syrie pour faire le Djihad, dont la plupart sont d'ailleurs morts au combat. Lunel passe sous les projecteurs et fait l'objet de dizaines de reportages où la ville est présentée comme un petit bastion djihadiste.

A l'époque les élus se murent dans le silence. "Il a fallu attendre que les choses se calment et aujourd'hui, il est temps de réagir, se justifie de le maire Claude Arnaud. L'image de la ville a été écornée. Savoir quelle image négative est véhiculée à l'extérieur, ça nous choque".

"On lève le voile, cette chape de plomb qui est tombée sur la ville de Lunel". Claude Arnaud, le maire

Pourquoi évoquer le voile dans ce slogan ? "Il ne faut pas le prendre au premier degré. On ne veut stigmatiser personne. C'est une image. On lève le voile qui était tombé sur la ville" répond Claude Arnaud.

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Distribution de 500 perches à selfie aux habitants de Lunel pour qu'ils se tirent le portrait

La ville a prévu une campagne d'affichage grand format dans les rues de Montpellier et Nîmes, des encarts dans la presse. "Ce sera surtout une campagne participative. On veut impliquer les commerçants, les associations et plus encore les habitants" explique le maire. La mairie va faire distribuer 500 perches à selfie pour inciter les Lunellois à poster des photos d'eux dans la ville sur les réseaux sociaux - Facebook ou Instagram.

"Pour nous le défi c'est que celui qui aime sa ville, à lui de la défendre et de la montrer. C'est aussi pour l'amour propre des Lunellois. J'ai envie de me sentir bien dans ma ville et j'aimerais qu'elle soit aimée ma ville."

"Vous habitez Lunel ? Mais c'est une catastrophe!"

"Il faut donner la parole aux Lunellois qui dans leur grande majorité ont été meurtris", plaide Jean-Paul Roustan. "On caricature Lunel et les gens le vivent mal. On vous dit parfois: vous habitez Lunel? Mais c'est une catastrophe! Lunel c'est pas ça du tout."

Lunel, pour cet élu au conseil municipal, c'est d'abord une ville centre avec une culture , une histoire, des traditions et tous les services. "Il n'y a pas une seule ville de 25.000 habitants en France avec autant de services de santé : IRM, urgences, samu, des blocs opératoires... Il faut que les Lunellois eux même puissent le dire."

"Les Lunellois ont été meurtris par l'image qui a été véhiculée de leur ville". Jean-Paul Roustan, élu municipal

Jean-Paul Roustan à gauche, Claude Arnaud, le maire, au centre et Pierre Soujol son premier adjoint à droite - Radio France
Jean-Paul Roustan à gauche, Claude Arnaud, le maire, au centre et Pierre Soujol son premier adjoint à droite © Radio France - Marie Ciavatti

"On ne change pas une image comme ça. Quand on a le New York Times qui est venu nous interviewer... ça veut dire qu'après on a du boulot"

Une campagne aux allures de psychothérapie collective, car la cible ce sont d'abord les Lunellois, précise Claude Arnaud. Il est temps de faire entendre leur voix, enchérit Pierre Soujol , premier adjoint. "Pendant trop longtemps on a été inaudible par rapport à cette avalanche d'informations et de médias.

On a oublié la part positive de Lunel, et bon nombre de Lunellois nous demandent de réagir. Mais on ne change pas une image comme ça. Elle s'est imprégnée au delà de Lunel. C'est presque international. Quand le New York Times est venu nous interviewer... ça veut dire qu'après on a du boulot".

"Pendant trop longtemps on a été inaudible par rapport à cette avalanche d'informations et de médias". Pierre Soujol

Le coût de l'opération est autour de 80.000 euros. La campagne va durer tout le mois de septembre.