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Société

Lutte contre l'antisémitisme : plusieurs dizaines de milliers de personnes rassemblées partout en France

mardi 19 février 2019 à 20:32 - Mis à jour le mercredi 20 février 2019 à 10:41 Par Viviane Le Guen, France Bleu

Plusieurs milliers de personnes, 20.000 selon les organisateurs, se sont rassemblées mardi soir à Paris et en région pour dire non à l'antisémitisme, à l'appel d'une cinquantaine de partis, associations et mouvements.

Le rassemblement qui a eu lieu Place de la République à Paris, ce mardi soir.
Le rassemblement qui a eu lieu Place de la République à Paris, ce mardi soir. © Maxppp - Alexis Sciard

Des milliers de personnes se sont rassemblées mardi soir place de la République à Paris et dans plusieurs régions de France au nom de la lutte contre l’antisémitisme. Ils étaient 20.000 à Paris, sur la place de la République, selon les organisateurs. 

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Nantes, Toulouse, Caen, Cherbourg, Metz, Niort et le Poitou, La Rochelle, Bourges, Bayonne, Grenoble et en Isère, en Savoie et en Haute-Savoie, à Pau, à Saint-Etienne, Besançon, Mont-de-Marsan ou encore à Auxerre, Laval, Orléans, Limoges ou encore en Corse.  Ils étaient près de 4.000 à Bordeaux, un millier à Montpellier, Nancy et Belfort,  1.200 à Valence, Tours et Clermont-Ferrand. Près de 2.000 à Strasbourg, plus d'un millier à Nîmes et Lille, et environ 1.500 sur le Vieux-Port à Marseille d'après la police.

Au Havre, où plus de 500 personnes se sont rassemblées selon France Bleu Normandie, une Marseillaise a été entonnée.

À Rouen, un discours de Simone Veil, dont des représentations ont été taguées de croix gammées à Paris, a été lu.

Rassemblement également à Toulouse, où les noms des victimes de l'antisémitisme ont été égrenés.

À Limoges, 200 personnes se sont rassemblées dont des "gilets jaunes", venus avec une pancarte "fâchés mais pas fachos".

Des "gilets jaunes" étaient aussi présents à Paris, Albi et Bordeaux où l'un d'eux s'est adressé à la foule : "Je vous demande pardon" a-t-il dit.

À Brest, un millier de personnes environ ont applaudi une chorale qui interprétait "Nuit et Brouillard" de Jean Ferrat.

"L'antisémitisme, c'est l'affaire de tous les Français"

À Paris, un périmètre de sécurité a été délimité par des barrières au centre de la place noire de monde, où les responsables politiques ont commencé à se presser vers 19H00. Une vingtaine de membres du gouvernement, les chefs des principaux partis politiques - à l'exception de Marine Le Pen (Rassemblent national) et Jean-Luc Mélenchon (La France Insoumise) - et deux anciens présidents se sont joints aux anonymes qui brandissaient des pancartes "Ça suffit !" (le mot d'ordre du rassemblement) et "non à la banalisation de la haine" .

"L'antisémitisme, c'est un fléau, c'est une attaque contre la République", a notamment commenté François Hollande. "L'antisémitisme, ce n'est pas l'affaire des juifs. C'est l'affaire de tous les Français" a-t-il ajouté.  "Un certain nombres d'individus provoquent, insultent l'autorité de l'État, l'État doit répondre. Je suis sûr qu'il le fera, mais il faut le faire maintenant et avec une fermeté extrême", a pour sa part souhaité l'ancien-président Nicolas Sarkozy.

Ian Brossat, le chef de file du PCF pour les Européennes, est venu avec Lassana Bathily, le héros de l'Hyper Cacher parisien. Au total, 20.000 personnes ont participé à cette manifestation selon le PS, à l'initiative de la cérémonie qui s'est ouverte sur une intervention du rabbin Delphine Horvilleur. "Quand l'antisémitisme ressurgit, d'où qu'il vienne et quelque nom qu'il porte, quand grandit la haine de l'autre, sous toutes ses formes, il s'agit d'un test pour la nation, le test de sa dignité et de sa grandeur. Parfois la République donne rendez-vous à ses enfants sur une place et elle nous demande : sauras-tu être à la hauteur ?", a-t-elle lancé à la tribune. Le chanteur Abd al Malik a conclu en chantant la Marseillaise.

Du côté de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon s'est joint au rassemblement marseillais. Il avait annoncé qu'il participerait à condition que sa sécurité soit assurée.  

Absente du rassemblement, Marine Le Pen, accompagnée de trois députés du Rassemblement national, s'est recueillie à Bagneux (Hauts-de-Seine) devant une plaque en hommage à Ilan Halimi, jeune juif tué en 2006 après avoir été séquestré et torturé. La presse n'avait pas été conviée.

Emmanuel Macron se recueille au Mémorial de la Shoah

Emmanuel Macron, en déplacement mardi après-midi dans le Bas-Rhin où un cimetière juif a été profané dans la nuit de lundi à mardi, n'a pas participé au rassemblement parisien. Il s'est rendu au Mémorial de la Shoah, accompagné des présidents des deux chambres du Parlement, Gérard Larcher et Richard Ferrand, pour se recueillir et déposer une gerbe. "La République est un bloc", a-t-il déclaré. 

Le chef de l'État doit prendre la parole plus longuement ce mercredi pendant le dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives (Crif). "J'aurai à dire les actes que nous souhaitons prendre", a-t-il précisé. Le président de la République a déjà annoncé qu'il n'était pas favorable à la pénalisation de l'antisionisme, réclamée par un groupe de députés. "Je ne pense pas que pénaliser l'antisionisme soit une solution", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue géorgienne, Salomé Zourabichvili. "Mais je confirme que ceux qui, aujourd'hui dans le discours, veulent la disparition d'Israël sont ceux qui veulent s'attaquer aux Juifs. Je pense néanmoins que lorsqu'on rentre dans le détail, la condamnation pénale de l'antisionisme pose d'autres problèmes", a ajouté Emmanuel Macron.

Dans une déclaration commune lue à l'issue d'une réunion avec le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, les responsables des cultes et d'organisations laïques ont appelé au "sursaut des consciences" face aux actes antisémites qui "meurtrissent la France toute entière".