Société

Ouverture d'une épicerie 100% vrac dans les Alpes-Maritimes

Par Laurent Vareille, France Bleu Azur mardi 19 janvier 2016 à 18:40

L'épicerie Boomerang à Mouans-Sartoux
L'épicerie Boomerang à Mouans-Sartoux © Radio France - Laurent Vareille

Boomerang, c'est le nom d'une nouvelle épicerie de Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes) qui vend tout ses produits sans emballage. Les clients reviennent avec leurs sacs, bocaux et autres contenants. Une nouvelle manière de consommer.

La boutique ne désemplit pas en ce jour d'ouverture. Thomas et Laura, les épiciers, sont ravis de voir leur projet se concrétiser enfin. Après avoir parcouru le monde pendant plusieurs années, travaillant pour des associations solidaires, ils sont revenus à Mouans-Sartoux et ont eu l'idée d'ouvrir une épicerie un peu particulière

Le budget de création a facilement été acquis sur une plateforme de financement participatif

Ce qui fut en revanche plus difficile, et qui l'est encore, c'est de convaincre les fournisseurs de ne pas augmenter les prix même lors de commandes en petite quantité. Car chez Boomerang on veut rester bio et local, mais au prix du marché.

Ici, on vend tout en vrac !

 Les clients ont, de leur côté, un effort à faire : venir avec leurs sacs, leurs bocaux ou leurs bouteilles. Car dans cette épicerie on vend tout en vrac !

"On peut fournir un sac papier si vous n'avez rien pour emporter votre riz ou vos pâtes. Mais l'idée, c'est de réutiliser ses contenants." (Thomas, épicier)

Thomas, épicier

Ainsi lors de votre première visite, vous pourrez acheter un bocal ou un petit sac en tissu, bio bien sûr ! Il faudra ensuite revenir avec et le remplir avec les 600 produits du quotidien que proposera à terme l'enseigne. 

Le lieu les présente sur une surface de 75 m2 aux étagères en bois naturel, dans de grands bocaux en verre ou dans des tubes verseurs qui attirent l’œil. On y trouve même du savon, de la lessive et du produit à vaisselle qu'on emporte dans de petits bidons réutilisables et consignés.

Contraignant ou pas ?

Mais faire ses courses dans cette épicerie n'est-il pas un peu contraignant ? Les premiers clients rencontrés certifient que non. C'est une question d'habitude. Ils sont également heureux de ne plus avoir d'emballages à jeter et reconnaissent que consommer de la sorte est un geste citoyen. 

"C'est une philosophie de vie. Il faut le vouloir mais une fois habitué, ce n'est pas si compliqué. C'est une habitude de tous les jours. On y gagne par la suite. Plus besoin de stocker tous ces emballages qui ne nous servent à rien." (Patricia, cliente)

Forcément les premiers clients sont... emballés ! Mais nous avons voulu à France Bleu Azur vérifier si d'autres consommateurs, ceux des grandes surfaces, étaient prêts à passer aux 100% vrac. 

"Je ne suis pas contre, nous certifie Sophie. De toute façon il y a bien trop de cartons, de plastique... J'enlève tout avant de mettre mes produits dans le frigo. Tout va directement à la poubelle, ça m'encombre et je suis sûre que le prix du produit est plus élevé à cause de tous ces emballages. Avoir ses sacs et bocaux serait certes plus complexe, mais c'est une question d'organisation. C'est comme les sacs en plastique des supermarchés, poursuit cette habituée. Ils sont payant et finissent toujours comme poubelle improvisé. Je préfère les miens et ainsi ne rien payer en plus."

Sophie sera bientôt comblée : le 1er avril la France interdira toute vente de sacs en plastique à usage unique. Ceux qu'on trouve sur les étals des fruits et légumes disparaîtront complètement en 2017. 

Le vrac comme c'est déjà le cas dans les pays nordiques, a de l'avenir.

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